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Ce n'est pas là le seul endroit de ses écrits où il oscille ainsi entre deux hypothèses et se décide à ne faire usage que de Tune des deux. « Je n'avais garde, dit-il dans le 7* Eclaircissement, de parler de la mémoire et des habitudes spirituelles, pour plusieurs raisons, dont la principale est que nous n'avons pas d'idée claire de notre âme. » Il semble, il est vrai, quelques lignes plus loin, faire un pas de plus dans la reconnaissance, sinon dans l'explication de la réalité mystérieuse ; car il dit : « Je crois, je pense devoir croire qu'après l'acte de l'âme il reste dans sa substance certains changements qui la disposent réellement à cette même action ; mais comme je ne les connais pas, je ne puis les expliquer. » Ceci dit, il reprend sa tactique ordinaire; la vérité à laquelle il « pense devoir croire », il fait comme si elle n'existait pas, il s'arrange de manière à ce que sa philosophie puisse facilement s'en passer.
£Ue s'en passe toujours par les mêmes moyens, en s^en rapportant à l'action directe de Dieu et, je ne dirai pas à celle des corps, mais à celle que Dieu exerce par eux.
A ses yeux, on ne peut aborder la mémoire et les autres habitudes des pures intelligences que par un détour ou, comme aurait dit Descartes, par un biais. Scientifiquement et dans l'ordre de nos connaissances, elles ne consistent pas dans une facilité d'opérations résultant de certaines modifications de leur être, mais « dans un ordre immuable de Dieu et dans un droit que l'esprit acquiert sur les choses qui lui ont été déjà sou*
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ceux qui s'en sont détachés. Dès lors, c'est l'autre explication, toute mécaniste, qui vient compléter l'explication par la vision en Dieu. « Je suis persuadé qu'il y a une telle correspondance entre les dispositions de notre cerveau et celles de notre âme qu'il n'y a peut-être pas de mauvaise habitude de l'àme qui n'ait son principe dans le corps ^. »
Si nous avons commencé cette étude de la psychologie de Halebranche par l'exposé de ses idées fondamentales sur la mémoire et l'habitude, on en voit maintenant la raison. C'est que ce problème en enveloppe un qui est capital, celui de savoir si l'àme humaine a des facultés persistantes, constituant comme un fonds qui se développe et qui s'accroît. En résumé, il se juge obligé de croire qu'il y a quelque chose de tel, et il le dit; mais il n'en tient ensuite aucun compte, et voilà au moins le terrain déblayé.
Il reste cependant que , selon la doctrine cartésienne, l'essence de l'àme est dans la pensée. Ce sera répéter la même chose que de nous donner l'entendement comme la faculté principale. L'acception où ce mot est pris, la définition qui en est donnée dans la Recherche de la Vérité confirment d'ailleurs tout ce que nous ont laissé voir les thèses précédemment exposées : cette