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et l'appétit plus ou moins factice du gourmand est surexcité par toutes sortes de déploiements de Tart gastronomique ^
Très désireux de pousser aussi loin que possible son analyse, Malebranche ajoute encore ici deux éléments qui tiennent à celui qui précède et se tiennent entre eux par des liens très étroits : le sentiment d'amour causé, non plus par la vue intellectuelle, mais par les différents ébranlements que les esprits animaux causent dans le cerveau, et enfin « la douceur intérieure qui arrête Tâme en l'assurance qu'elle est dans le meilleur état où elle puisse être par rapport à l'objet ». Il n'est point malaisé de trouver des faits qui justifient ces distinctions. Le passionné aime, non pas seulement l'objet immédiat de sa passion, mais tout ce qui la favorise, tout ce qui la rappelle, tout ce qui l'exprime, tout ce qui la surexcite ^ : voilà pourquoi il aime tant à en parler et à en multiplier les images. L'homme en vient ainsi à aimer sa passion pour elle-même et pour le surcroît de vie qu'elle lui donne — au moins pendant un temps. — C'est pourquoi il tient si souvent à la prolonger par des moyens factices qu'il invente et qu'il raffine
1. On pourrait aller plus loin et ajouter à ces signes nous touchant de près les manifestations étrangères d'états qui rappellent. les nôtres.
2. a Vous avez raison de dire qu'une grande passion donne de l'indifférence sur tout ce qui lui est étranger. J'en sais quelque chose; mais ce que TOUS ne pouvez pas dire, vous, parce que tous ne le savez point, c'est que, dans un cœur de femme, un sentiment fort et permanent trouve moyen de se rattacher à mille circonstances qui créent des intérêts et aussi des soucis, où des êtres plus maîtres d'eux-mêmes ne verraient pas l'occaiion de la plus faible émotion. » (M*** de Rémusat. Lettres à son fils, VI, 270.)
quelquefois l'exercice de la liberté. Or, ni la physique ni la théologie n'ont pu, chez Halebra épuiser complètement cet insondable problème. Au de vue extérieur phénoménal et directement obi ble, que lui restait-il à en dire? Ceci surtout, que tence des motifs, non seulement ne suffît pas à i l'idée de notre liberté, mais la fonde au contraire donne son véritable point d'appui. Vouloir sans : serait » vouloir rien »; mais vouloir rien, c'est n vouloir. Ce qui se dît là de la volonté pure et a vautpourla liberté qui n'en est que la forme supéri Un être qui afe-irait sans motifs n'agirait que sous la sion inconnue de nécessités de sa nature. Celui qi librement est précisément celui qui sait pourq agit, autrement dit qui a un motif. Cette conditît commune à Dieu et à l'homme. Seulement Dieu ti ses motifs que de lui-même; tandis qu'il y a l'homme des motifs d'action qui lui sont comme chés, donc préparés à l'avance dans ses relations le reste des choses. C'est ce qu'on appelle en tbét la prémotion physique ' . Mais ces motifs préexistan beau se présenter à nous sans nous ou malgré noi consentement nous reste ; là est la vraie marqi notre nature. Qui est maître de donner ou de refus< consentement est libre : or, ici aussi, doit-on dire sentir « à rien », ou n'adhérer à aucun motif serai voir ni droit et pouvoir de consentement, ni liberté