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LR MORALISTE.
(le ses jeunes années. Si, dit-il, Dieu n'était q puissant et semblable aux princes qui se glorif de leur puissance que de leur nature, « Hobbc et quelques autres auraient découvert !e vra ment de la morale : l'autorité et la puissance sans raison droit à faire tout ce qu'on veut q n'en a rien à craindre ».
Mais maintenant, qu'est-ce que cette raison selle et souveraine que Dieu même consulte ' applique hors de lui? Eh bien , c'est l'Ordre imn nécessaire, évident de lui-Riéme et subsistant même. L'obéissance i cet ordre, voilà le prem cipe objectif de la morale. Malebranche soutii ne s'impose pas moins A la raison que les prin la géométrie *,
Car enfin y a-t-il quelqu'un qui doute qu préférer son ami à son chien ou, comme nous 1 tout à l'heure (car l'auteur semble se plaire comparaison), la vie de son cocher à celle de val*? Peut-on douter de même que l'esprit vail que la matière qui ne pense pas? « La di de ces deux parties de nous-mêmes, prouvée idées claires, est de toutes les vérités la plus et la plus nécessaire pour la philosophie et [
t. C'eil ce que dira Leibniz : i Li jnsUc« suit certtines rigl et de proportloDi qoi ne «ont pas moins foodées dam U natnrf de* cbotes et dans les idées de l'entendement divin que les f l'aritbniètlqne et de la géométrie, i
2. Ualebnncbe aJooteriiL sans doute aDJourd'hoi : sa ftniilli lail, ses ooTriers i son usine, etc.
auteur : goe l'ordre immuable ne consiste qu vafporls de perfection qui sont entre les id< g^les... et que par conséquent il doit y ai rapport entre deux amours qu'entre la perfe< réalité des objets qui les excitent. Il y est fai allusions fréquentes à ce que les principes t ques de la vision de Dieu et des causes occe lui paraissent entraîner de conséquences p car à la préférence exigée rationnellement renferme une plus grande quantité d'essence fection s'ajoute l'amour et le respect dus à I tance de cet ordre, auteur unique de l'actii qui le réalise dans l'univers avec la libre o de notre volonté, donc lien de la société hun digne d'en être la fin puisqu'il en est le prû trement dit, pour reprendre le langage de gustin, c'est précisément parce que Dieu es subsistendi et la ralio intelligendi qu'il est a vivendi. Voilà surtout les vérités que Maleb tient pour construire sa morale ; il est convj malgré l'infinité des lois naturelles, les règle; de l'Ordre et les rapports essentiels qui en sont, après tout, en petit nombre, comme tou cipes fondamentaux en quelque science qu Trois lois du mouvement suffisent aux carte:
expliquer l'univers entier avec toutes les coi de la mécanique, de la physique et de la chi quisse que nous avons tous présente à l'ef hiérarchie ordonnée des existences, le corp:
nous devons faire de notre liberté, c'est de nous en servir le plus que nous pouvons. » — Mais il faut considérer les paroles qui suivent : « ... C'est-à-dire de ne consentir à quoi que ce soit jusqu'à ce que nous soyons conune forcés par les reproches de notre raison... »
Et, en efifet, une morale fondée sur la métaphysique que nous connaissons, peut-elle exclure de la vertu la connaissance du bien réel? Si Malebranche n'est pas intellectualiste dans sa théorie des passions où il fait une si grande part au mécanisme, il l'est absolument dans sa théorie de la vertu. « On ne doit jamais, soutient-il, aimer un bien si l'on peut sans remords ne pas l'aimer. » C'est l'équivalent de la règle qu'on ne doit rien affirmer qui ne soit tellement évident qu'on n'ait aucune occasion de le mettre en doute. Le remords, en efifet, qu'est-ce donc qui le provoque, sinon la vue claire d'une vérité méconnue et outragée? Malebranche s'approprie donc volontiers ces propositions de Descartes*, que les âmes fortes sont celles « qui font combattre leur volonté avec ses propres armes », c'est-à-dire « des jugements fermes et déterminés touchant la connaissance du bien et du mal ». La vraie justice, aux yeux du disciple, c'est une justice de lumière qui voit ce que l'Ordre exige et qui le veut parce qu'elle le voit. C'est pourquoi nous ne serons parfaitement justes que quand nous verrons sans obscurité la loi éternelle, sur laquelle nous réglerons exactement tous nos jugements et tous les mouvements