‹ Malebranche (volume 2)Chapitre 84 sur 96 · Traité des passions, I · texte numérisé non relu

Traité des passions, I

de notre cœur. Sans doute ceux qui ont la charité sont justes véritablement, même s'ils forment accidentellement et malgré eux des jugements injustes : ils sont justes dans la disposition de leur cœur et dans leur volonté. « Mais ils ne sont pas justes en toute rigueur parce qu'ils ne connaissent pas exactement tous les rapports de perfection qui doivent régler leur estime et leur amour*. »

Chercher la connaissance de ces rapports, c'est traiter de la nature, de la division et de la distinction de nos devoirs : tel est l'objet de la deuxième partie du Traité de morale.

Si nous avons des devoirs envers des êtres autres que nous, c'est qu'ils ne nous sont pas indifférents, c'est que notre action doit être concertée avec la leur et qu'il le faut nécessairement; c'est, en un mot, qu'il y a entre eux et nous une société. Cette idée « sociale » joue dans le système tout entier un rôle considérable, Conmient apprécier en effet les rapports qui doivent assurer l'ordre d'un ensemble si on ne connaît pas d'abord, et si ensuite on ne respecte pas le lien idéal qui doit réaliser du mieux possible l'entente des éléments et la juste subordination des uns aux autres ? La psychologie de nos sen-

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