Tr, de Mor,, 2" partie, xiii
) WALEBRANCHE.
dû à la première est surtout intérieur et spirituel ; ce i est dû k la seconde est « presijue entièrement estéur ' ». Ce « presque » est une précaution ; on est même té de dire que c'est une concession au préjugé, mais :; concession qui ne porte guère. Ici en effet le tort ou, 'on veut, le caractère de la morale de Malebrancbe, fime de beaucoup de doctrines professées sous l'ann régime, c'est la séparation des deux domaines et >andon « presque entier » du premier à la force irionaelle. Le beau programme tracé tout à Theure de aiflcatioD de la morale est-il donc sacrifié? On a certainent le droit de poser la question, on a le droit de tonner de cette contradiction douloureuse chez on si )le penseur qui n'avait voulu ni de la séparation de la son et de la foi, ni de la séparation de la philosophie et la théologie , ni de la dualité de la morale et du droit, qui considère que le premier de tous les devoirs est porter en toute occasion le jugement suivant : « Il n'y oint plusieurs sagesses, il n'y a point plusieurs sars », et cet autre, non moins souvent répété : « Nous vons qu'un mettre. » Mais autant ce penseur est réu à ne faire aucune concession et à vouloir la vérité t entière dans l'ordre spéculatif, autant, dans l'ordre itique, il est résigné d'avance — par force, voilà son use — à se contenter de ce qu'on lui donne. Chose au imicr abord bien étrange, mais qui éclaire d'un jour gulièrement attrayant le caractère encore plus que la
Tr. de Mor., s' partie, iti, 10.
LE UORALISTE.
doctrine de Malebranchc, autant il est prêt à exîgi pouvoir spirituel qu'il ait raison dans les plus pi choses et à discuter en conséquence avec lui, autï est pour le silence envers le pouvoir temporel. saurait d'ailleurs s'y tromper : c'est là, dans sa pe: une marque de respect envers le premier et de d^ aussi peu déguisé que possible envers le second. Ce] représente Dieu comme raison et sa^^esse, raison e gesse qui se justifient ; car, dans laBible, Dieu mên c'est un exemple rappelé bien des fois — n'a pas c de prendre des hommes sages comme juges entre 1 son peuple ingrat ; celui-ci ne le représente que coi puissance, et comme puissance chargée d'assurt paix dans l'humanité déchue. La loi humaine n'est plus la loi véritable, la loi de la raison, que ne l'e règlement d'un bagne'. « La force ou la loi des br celle qui a déféré au lion l'empire des animaux, es venue la maîtresse parmi les hommes. »
Toutes les fois que notre moraliste est sur cette pt il va loin, et certainement quand il apprécie cette tion de la vie humaine séparée de la vraie source c justice, il parle comme le plus sombre des pessimi Il s'exprime comme l'a fait Hobbes et comme le Schopenhauer. Non, A ses yeux, la vie humaine ; comprise ne vaut pas la peine d'être vécue ; ceux mettentdes enfants au monde sans avoir en vue Tétei sont des criminels qui communiquent à la femme