Voyez plas haut le début du «chapitre Le Métaphysicien
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qui ne peuvent rendre logiquement compte ni de leur obéissance ni de leur respect. Il y a donc, répondrat-on, une morale et une religion indépendantes de la recherche et de la démonstration scientifiques de la vérité? — Oui, en un sens; il faut bien que les sciences, même les plus élevées, reposent sur des données simples, accessibles à tous. La nécessité de la morale est une de ces données, comme la nécessité de la rehgion en est une autre. Il y a, grâce à Dieu, des gens qui le sentent, même quand ils ne sont pas éclaicés, et c'est là pour nous une donnée précieuse. Réduite à ce qu'elle a d'essentiel, cette nécessité se présente, en effet, à l'esprit avec une clarté qui suffit à nous ouvrir la voie, si toutefois nous avons les dispositions nécessaires ; car « ce n'est pas la raison de l'homme qui le séduit, c'est son cœur* ». Celui qui est dans « une disposition respectueuse » à l'égard de la divinité a déjà l'essentiel de la religion; celui qui veut agir selon la raison et selon elle seule a déjà la bonne foi ou la bonne volonté — par conséquent la moralité. Mais comme il reste toujours à construire une science de la religion par des démonstrations coordonnées, il reste aussi, pour Thonneur de l'esprit humain et pour le bien de l'humaiiité, à constituer une science de la morale. Ce n'est pas elle qui créera cette moralité fondamentale, à la portée des plus simples : elle la trouvera préexistante, elle la respectera, elle s'en servira, comme la géométrie