Tr, de Mor,^ r* partie, vi
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est confié. « L'homme veut invinciblement être heureux. » Il n'y a de vraie société entre nous et les autres hommes qu'à la condition que ceux-ci aient l'espérance fondée d'être contents avec nous. Cette espérance, nous devons donc la leur donner, même par nos manières. C'est là un point auquel le philosophe de la société polie du dix-septième siècle attache une grande importance. Aussi a-t-il soin d'analyser avec une extrême finesse, les quatre espèces d'airs ou de manières qui règlent le ton de la société : « l'air modeste et respectueux, qui doit se proportionner à la qualité des personnes; l'air simple et négligé, qui n'est de mise qu'entre égaux; l'air grave qui rend aisément ridicule et même méprisable, quand on le prend mal à propos (on sait que le pédantisme est presque un péché pour l'ennemi de Montaigne et l'adversaire d'Amauld); enfin l'air fier et brutal qui mérite le dernier mépris et ime haine irréconciliable ».
Air brutal, commandement brutal, plaisir brutal, action brutale, voilà des mots que Malebranche ne peut écrire sans entrer dans un état d'indignation et de samte colère. C'est que la brutalité est exactement le contraire de la raison qui, elle, doit régner sur les esprits par la lumière et sur l'âme tout entière par la persuasion. Si par malheur, nous ne pouvons faire prédominer la raison comme il le faudrait, dans la société civile et pohtique où nous sommes contraints d'obéir, nous de-