‹ MalebrancheChapitre 23 sur 132 · Entret. met., VIII · texte numérisé non relu

Entret. met., VIII

S*il n'y a pas en Dieu de distinction réelle, il en est toutefois que nous sommes obligés de supposer ou de feindre, et enfin de considérer à part nous; car d'abord, nous devons avoir égard aux rapports que ses créatures, distinctes » séparées et limitées comme elles le sont, ne peuvent paii ne pas avoir avec lui; puis, avant que ces distinctions, résultat des restrictions et des limitations de Têtre fini, ne fussent produites, Dieu les concevait comme possibles hors de lui. Il en connaissait nécessairement une inÛDxté, puisque c'est de sa perfection infinie que devaient, par voie de communication, sortir les créatures. L'ensemble de ces relations, réglées par sa sagesse éternelle, ne sont autre chose que rOrdre universel ou la Vérité qui subsiste éternellement, parce qu'elle est éternellement unie à TÉtrc infini*

Nous autres, hommes du commun, nous ne portons pas notre pensée si haut : nous jugeons les choses par le rapport qu'elles ont avec nous. « C'est le moyen de donner à la pointe d'une épine plus de réalité qu'à tout le reste de TUnivers *, >ï En tonte vérité « on ne connaît les choses que par les rapports qu'elles ont entre elles ^ » , mais ces rapports n'ont pu être établis que dans et par TÈtre infini dont elles dérivent.

L'ordre qu'ils forment comprend deux classes de rap-

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