Rép, à la 5« lettre de M. Àrnauld, p
di MALEBRANGHE.
caractères qui expriment des qualités qu'il se glorifie de posséder*. » Il faut dire plus encore. Dieu n'a pas dû produire l'ouvrage le plus parfait qui fût possible, mais seulement le plus parfait qui pût être produit par de semblables voies, les plus sages, les plus divines, donc les plus dignes de lui 2.
Cette théorie mérite-t-elle très exactement le nom d'optimisme sous lequel elle est généralement connue ? L'idée du meilleur possible n'est-elle pas un peu sacrifiée à l'idée du plus beau possible ? La question se pose pour Malebranche plus que pour Leibniz. On retrouve certainement dans Leibniz la théorie des voies simples comme on y retrouve celle du choix divin dans l'infinité des essences. Chez lui cependant le mot d'optimisme se justifie davantage par la préoccupation de nous montrer que, même à un point de vue tout humain, les biens, les commodités, lés plaisirs dominent beaucoup plus qu'on ne croit dans la vie. Son prédécesseur aurait cru rabaisser le débat s'il était descendu à ces calculs. Non pas — nous le verrons plus tard — qu'il demande à notre nature de se désintéresser de son propre bonheur. Nullement! Mais que nous soyons appelés graduellement à jouir, selon nos mérites, de l'amour, de la contemplation, de Tintelligence, de la possession enfin de cette beauté de l'ordre étemel, en vérité, cela ne suffit-il pas? Ce n'est donc pas nous demander, loin de là, un sacrifice impossible, injuste, que de nous dire :