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telligible ^ Or, là, où sommes-nous? En Dieu même, puisque tout ce qui est infini, nécessaire, étemel, immuablement ordonné, ne peut être qu'en lui. Donc selon Malebranche comme « selon saint Augustin, Fétendue intelligible, Fobjet des géomètres, Fidée par laquelle tous les corps sont connus et sur laquelle ils sont tous créés, est, aussi bien que les nombres, d'une nature immuable, nécessaire, éternelle, qu'on ne peut voir qu'en Dieu ^ ». Or, si nous l'y voyons, par quelle vertu y réussissons-nous? Ce n'est point par la nôtre, à coup sûr ; car un être fini ne peut avoir la force d'embrasser l'infini. Mais l'infini au contraire a toute vertu pour agir sur les esprits, les toucher, les émouvoir, les éclairer et multiplier en eux les marques suivies de son efficacité^ « Je pense que vous êtes aujourd'hui convaincu que l'idée d'étendue ou l'étendue intelligible n'est pas une modification de l'âme et qu'elle ne se trouve qu'en Dieu, parce que cette étendue est infinie et que notre esprit est fini; qu'elle est immuable, nécessaire, éternelle, commune à toutes les intelligences, qualités assurément qui ne peuvent convenir aux modifications d'une créature. Or, cette étendue est efficace ; elle peut agir dans l'esprit. Elle peut l'éclairer, le toucher, le modifier de mille manières, car cette étendue qui est l'archétype de la matière n'est que la substance de Dieu en tant que re-

1. « L'idée de l'étendue est si claire, si intelligible, si féconde en Térités, que les géomètres et les physidens tirent d'elle toute la connaissance qulls ont delà géométrie et de la physique. » {Réponse à M. Régis, ch. n.)

2. Voir Œuvres philosophiques d'Arnauld, éd. J. Simon, p. ^27 sq.

présentatîve des corps, et il n'y a rien en Dieu d'impuissant. La substance divine renferme dans sa simplicité, d'une manière qui nous passe, toutes les perfections des créatures, mais sans limitations et sans impuissance... Les perfections, en tant que relatives aux créatures, sont les archétypes de ces mêmes créatures, et elles sont les idées des esprits lorsqu'elles agissent en eux et qu'elles les éclairent 1. »

Après des affirmations si fortes et si claires, on se demande toujours, àla vérité ,si le grand esprit qui nous les produit ne va pas les expliquer davantage. Mais il faut en prendre son parti : le mystère sera maintenu. Et comment ne le serait-il pas? « Je suis la Vérité éternelle, dit Dieu à l'âme, parce qu'il n'y a rien d'intelligible hors de moi... J'unis immédiatement les esprits à moi-même comme à la Raison qui les rend raisonnables... Je me donne tout entier à chacun d'eux : je les pénètre et je remplis toute la capacité qu'ils ont de me recevoir. Mais tu n'es pas en état de comprendre clair ement comment je me communique aux hommes^, »

« Je me donne tout entier», — l'expression a sans doute dépassé ici la pensée de l'écrivain : il la restreindra dans d'autres passages, mais tout en répétant que le grand fait de la communication des deux natures demeure impossible à expliquer. Pressé par un autre cartésien, il lui répond : « Les idées des objets sont préalables aux perceptions que nous en avons. Ce ne

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