‹ MalebrancheChapitre 42 sur 132 · Rép.àRégis, ch. m (Tome III de la Rech., édit. de · texte numérisé non relu

Rép.àRégis, ch. m (Tome III de la Rech., édit. de

intelligible de la Raison universelle qui seule peut éclairer les intelligences et agir dans nos esprits en mille manières différentes^. »

La première de ces « manières » est la vue directe des essences géométriques et de ce que le métaphysicien appelle les nombres nombrants. Figure et nombre ne sont donc autre chose que l'étendue intelligible : car qu'y a-t-il, encore une fois, d'intelligible dans l'étendue , sinon précisément ces relations mathématiques dont la vue est si claire, la démonstration si certaine, la fécondité si illimitée ? « En elles réside » le fonds inépuisable des vérités géométriques. En elles sont contenus l'infinité des mondes possibles que Dieu a vus, mais qu'il n'a pas faits... Or, ces figures et ces nombres n'ont pas besoin d'idées qui les fassent voir; ils sont à eux-mêmes, pour ainsi dire, leurs propres idées, immédiatement et directement intelligibles. « Voilà pourquoi, est-il ajouté, je dis avec saint Augustin et par les mêmes raisons que lui, que les figures géométriques et les nombres ne sont et ne se voient qu'en Dieu ^. »

Descendons d'un degré. Ces figures et ces nombres nombrants seront maintenant des idées qui serviront à nous faire voir les figures et les nombres que les hommes appellent réels et véritables. Mettez sous mes yeux un carré matériel et un certain nombre d'objets : je ne les verrai à l'état géométrique de carré et à l'état ma-

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