‹ MalebrancheChapitre 43 sur 132 · Deuxième Entretien sur la mort · texte numérisé non relu

Deuxième Entretien sur la mort

2. Réponse à la 3« lettre de itf. Arnauld, p. 141 et 142 de ledit. d'Amsterdam 1704.

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thématique de nombres que par raction de Tidée antérieure qui les « représente * ».

De ridée de la figure descendons maintenant (car c'est bien descendre) à la perception de cette figure. En vain Amauld confond-il les deux choses ; en vain s'efforce-t-il de pallier cette confusion par xme distinction toute verbale, la perception désignant plus directement Tâme percevante ou modifiée, l'idée désignant plutôt le rapport à l'objet perçu. Ce qui importe à son adversaire, c'est ceci : que l'homme ne peut avoir de perception d'un carré sans une idée, différente de la modification de l'esprit et « préalable » à cette modification; de telle sorte qu'au lieu d'aller de la sensation à l'image et de l'image à l'idée, comme Arnauld le croit, c'est la marche inverse que nous suivons.

Nos perceptions ne sont-elles donc pas constituées par certains rapports sensibles qui les lient à des objets extérieurs? Non! Les objets sont nécessairement conformes aux idées selon lesquelles ils ont été créés ; et ces idées étant communes à tous les esprits unis à la souveraine raison, les esprits entrent bien en rapport avec les objets par les idées; « mais je nie que nos perceptions aient essentiellement rapport aux objets du dehors, parce que ces objets ne peuvent affecter l'âme ni être reçus dans l'âme : ils n'en peuvent être directement aperçus, et ainsi, en eux-mêmes ou

l.Un moderne dirait :dont elles représentent Hntelligibilité sous une forme matérielle.

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par eux-mêmes, ils sont tout à fait inintelligibles* ».

Soit! insister a-t-on, s'il s'agit de ce qu'il y a d'explicable, de mesurable, de théorisable, d'intelligible enfin, dans l'objet; car il est clair que ce n'est pas l'oreille qui fait du son quelque chose d'intelligible, ni l'œil qui fait des couleurs ce que nous découvrent la physique et la géométrie; mais ces objets, ajoutera-t-on, ne les voiton pas de ses yeux, au sens ordinaire du mot? Et comment les voit-on?

A parler rigoureusement, nous ne voyons pas les corps en eux-mêmes, rien de créé ne pouvant être l'objet immédiat de nos connaissances. Ce qu'on appelle voir les corps, c'est percevoir en soi difiFérentes couleurs qu'on attribue à l'étendue. Autrement dit, lorsqu'on ouvre les yeux, l'étendue intelligible devient sensible par les couleurs qui nous affectent en conséquence des lois de l'union de l'âme et du corps. Est-ce donc que le corps mû par les autres corps meut le nôtre à son tour et fait ainsi arriver jusqu'à notre esprit une impression qui le modifie? Erreur capitale! répétera Malebranche, Dieu seul agit sur notre esprit ; c'est donc lui qui seul modifie notre âme, de manière à nous faire découvrir les créatures.

S'il nous affecte d'une perception que le philosophe appellera « toute pure » (nous dirions de nos jours une représentation interne et immatérielle) , il nous découvre la créature comme possible.

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