ÉcL à la Rech. de la F
LE METAPHYSiaEN. 111
aussi, garde toujours la même quantité de force qu'elle a reçue : seulement elle la disperse, elle Tégare ; elle ne suit pas, dans sa ligne droite, le mouvement initial auquel elle devrait céder. Quand elle se détourne et surtout s'arrête à un bien particulier, elle sent qu'elle a « du mouvement pour aller plus loin * » ; voilà ce qui fait sou péché. Elle va donc d'objets en objets, voyant confusément quelque bien dans les uns et àans les autres; et en effet il y en a un. Mais aucun de ces biens incomplets n'est capable de la satisfaire ; aussi, après avoir dévié un instant vers celui-ci ou vers celui-là, après s'être arrêtée ou reposée, reprend-elle vite son inquiétude. « // n*y a rien qui puisse arrêter le mouvement de l'dme que Celui qui le lui imprime. »
Cependant, par l'action même de Dieu, nos inclinations nous portent malgré nous et doivent nous porter vers le bien des autres ; car Dieu aimant sans cesse les ouvrages qu'il produit, il imprime aussi sans cesse dans notre cœur un amour pareil au sien. Pour que l'amour naturel que nous avons pour nous n'affaiblisse pas trop celui qu'il veut nous faire éprouver pour les autres créatures, il nous a liés à elles de telle sorte que naturellement leurs maux nous affligent et leurs joies nous réjouissent, que leur grandeur ou leur abaissement grandit ou humilie notre propre être, bref, que nous aimons un être d'autant plus qu'il est une part plus considérable du tout que nous composons avec lui 2.