‹ MalebrancheChapitre 52 sur 132 · Rech. de la Vérité, liv. V, i · texte numérisé non relu

Rech. de la Vérité, liv. V, i

Malebranche. L'inertie absolue de la matière est un dogme que le cartésien ne discute même pas. Les corps (( ne peuvent avoir d'autres propriétés que la faculté passive de recevoir diverses figures et divers mouvements^ ». En eflfet, ce que notre esprit conçoit, ce qu'il déduit de ses idées claires et distinctes, c'est que « les parties d'un corps peuvent ne pas garder la même situation » et que pour former l'univers que nous voyons ou croyons voir, il est nécessaire ^ qu'elles ne la gardent pas. Le mouvement est au monde des corps ce que les inclinations ou l'amour qui les inspire sont au monde des esprits, la condition des rapprochements, des relations, de la diversité, de la vie et de la beauté. Cela aussi doit nous suffire ; car ce qui est nécessaire aux fins qu'il se propose, Dieu, qui n'est pas comme ces rois de la terre déléguant leur pouvoir à des ministres, ne laisse point à sa créature le soin de le faire, il le fait par la seule^ efficace de sa volonté. A-t-il dû vouloir le faire? Là est la question, et une considération suffit à la trancher : il n'est pas possible qu'im être intelligent ait voulu laisser la matière en un état d'immobilité où elle n'aurait eu ni utilité, ni variété, ni beauté 3.

Ce mécanisme universel , nous ne nous arrêtons pas à établir qu'il englobe non seulement la vie, m^is la sensibilité apparente et l'activité des animaux. Toute cette

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