Bech. de la Vérité, lïl
partie du cartésianisme, telle qu'elle a passé dans Malebranche, est trop connue et a été trop élucidée pour qu'il y ait intérêt à y revenir. Ce que Malebranche a appris du Traité de r Homme * avec son enthousiasme encore juvénile, il Ta retenu toute sa ^de. Et son raisonnement ne varie pas. Du moment où le mécanisme institué par Dieu a suffi pour faire sortir un poulet d'im œuf, sans qu'on place une intelligence et une âme à l'intérieur de l'œuf, il doit suffire aussi pour faire accomplir au poulet une fois formé tout ce qui est nécessaire à la conservation de sa vie. « Car de même qu'il faut plus d'esprit pour faire une montre d'un morceau de fer que pour la faire aller quand elle est tout achevée, il faudrait plutôt admettre une âme dans un œuf pour en former un poulet que pour faire vivre ce poulet quand il est tout à fait formé 2. »
Ce mécanisme cependant se prête-t-il, ouvre-t-il un chemin à certaines théories qu'on a cherché de nos jours à en faire sortir, soit, par exemple, l'apparition toute naturelle des formes supérieures de la vie par le développement spontané des formes inférieures? La formule même que nous venons de résumer suffit à nous éclairer, car elle se caractérise par deux mots que toute la philosophie des causes occasionnelles repousse avec la dernière énergie : ce sont les mots de « toute naturelle » et de « spontané ». A parler rigoureusement, nous a-t-il été dit, il n'y apoint de nature, et les êtres créés