‹ MalebrancheChapitre 68 sur 132 · Entret. met., XIII · texte numérisé non relu

Entret. met., XIII

regards de chacun s'éclaireront ou se détourneront? Pour ceux qui admettent une religion, la réponse ne peut pas être douteuse. Vouloir qu'à tout moment chaque particulier reçoive une assistance qu'on refuse à toute l'Église assemblée pour formuler ses décisions, c'est là ime contradiction contre laquelle Malebranche croit qu'il suffit de faire appel au bon sens *.

Ni le bon sens seul, ni la philosophie seule ne suffisent pour faire accepter les mystères, parce qu'en efifet ils sont incompréhensibles. Malebranche souffre de voir comment la faiblesse des raisonnements de quelques scholastiques donne occasion de tourner en ridicule les mystères les plus sacrés, alors qu'en réalité ils ne sont établis que sur la parole de Dieu.

« Le meilleur moyen de convertir les hérétiques n'est donc pas de les accoutumer à faire usage de leur esprit, en ne leur apportant que des arguments incertains tirés de la philosophie, parce que les vérités dont on veut les instruire ne sont pas soumises à la raison. Il faut les obliger à se défier de leur esprit propre en leur faisant sentir sa faiblesse, sa limitation et sa disproportion avec nos mystères ; quand l'orgueil de leur esprit sera abattu, alors il sera facile de les faire entrer dans les sentiments de l'Église, en leur représentant que l'infaillibilité est renfermée dans l'idée de toute société divine, et en leur expliquant la tradition de tous les siècles, s'ils en sont capables 2. »

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