Recherche de la Vérité^ 1. III, I" partie, ch
Mais une fois ces dogmes acceptés, est-ce fini? Et ne reste-t-il qu'à fermer les yeux, suivant Texpression du chanoine dijonnais? Bien loin de là; c'est plus que jamais le moment de les ouvrir, car ils sont nets et aptes à recevoir la pure lumière. Voici donc le troisième et dernier stade, ouvert à ceux qui ont le privilège et aussi la responsabilité de la réflexion scientifique.
Pour le philosophe qui n'était que philosophe, tout paraissait contradictoire, tant le bien et le mal semblent se mélanger dans la nature et en faire le théâtre d'un désordre inextricable. Les dogmes religieux de la chute, de la rédemption... « viennent lever ces contradictions terribles : nous avons des doutes et des soupçons incertains et embarrassants ; la foi les change en convictions et en certitudes^ ». Donc « la foi doit régler les démarches de l'esprit, mais il n'y a que la souveraine raison qui le remplira d'intelligence ». Et cette intelligence à son tour, c'est elle qui affermira définitivement la vertu et la rendra digne de celui qui veut être honoré en esprit et en vérité. « La foi est un grand bien; mais c'est qu'elle conduit à l'intelligence, et que même sans elle on ne peut mériter l'intelligence de certaines vérités nécessaires, essentielles. Néanmoins la foi sans intelligence ne peut rendre solidement vertueux 2. » Elle ne le peut pas, parce que la raison et la foi sont inséparables et que chacune des deux a besoin de l'autre et que l'une et l'autre sont nécessaires à la vertu éclairée. A