r. de la Nat et delà Gr., f éclaircissement
2. Malebranche ne craint pas de pousser id la comparaison très loin, particulièrement en ce qui concerne l'action de penser de la mère sur le fœtus, action à laquelle il attribue une importance considérable.
Jésus est à la fois Dieu et homme; mais c'est dans son humanité crucifiée qu'il est cause occasionnelle de la grâce. Or, en tant qu'homme, il voit, lui aussi, tout en Dieu le Père ; et bien que lié si étroitement à la divinité infiniment parfaite et toute-puissante, il lui est impossible de voir ni tous les êtres particuliers, ni tous les états complexes et changeants des âmes individuelles. Comment d'ailleurs, lui qui, en tant qu'homme, n'a pas une capacité de penser indéfinie, comment partagerait-il ses pensées entre cette infinité d'êtres imparfaits et la contemplation, qui lui est permise à lui, des perfections divines du souverain Bien ? Presque toujours il doit lui suffire * d'envisager en général ce que demandent les besoins de l'Église, de penser à des groupes d'hommes ou à des types d'apôtres, de confesseurs, de docteurs... Architecte du temple étemel, il pense à tel ou tel genre de pierre ou d'ornement nécessaire, et sa prière obtient aussitôt les grâces qui devront les susciter ; mais il ne se fait pas lui-même « scrutateur des cœurs », au point de déterminer que ce sera précisément tel ou tel qui viendra prendre cette place et y consolider l'édifice.
Un raisonnement, sinon tout à fait identique, au moins analogue, est àfaire pour les bienheureuses intelligences qui peuvent être, elles aussi, causes occasionnelles de certaines grâces 2. Nous, causes occasionnelles des mou-
1. Voyez Tr, de la Nat. et delà Gr., 2* dise., Il* partie, addilion au { 17.
2. Au moins de grâces corporelles» mais qui, par l'union de l'Ame et du corps, agissent indirectement sur nos Âmes.
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vements de notre corps, nous ne nous réglons que trop sur des circonstances accidentelles et sur les caprices de Famour-propre. Les esprits qui vivent plus près de Dieu ne manquent jamais de « consulter les lois étemelles que renferme sa sagesse* », et ils se gardent ainsi de vouloir troubler par des interventions trop personnelles la simplicité admirable de ses voies. Les hommes ont cependant par devers eux des moyens d'attirer sur leurs âmes les pensées, les désirs et les prières du Christ. Si Jésus a des désirs actuels et passagers, il a encore bien plus des désirs durables et fréquents : c'est à l'action de ceux-ci qu'il faut se préparer, et il est possible de le faire. Comment? En essayant d'entrer dans ces groupes d'âmes auxquelles vont de préférence les battements de son cœur. Les pensées de Jésus-Christ sont accompagnées de désirs qui tendent à la sanctification des âmes; celles qui se trouvent actuellement dans des dispositions semblables aux siennes doivent recevoir avee plus d'abondance les grâces dont il est cause occasionnelle. Il « pense plus souvent à ceux qui observent ses conseils qu'aux autres. Les mouvements de charité qu'il a pour ses fidèles sont plus fréquents et plus durables que ceux qu*il a pour les libertins et pour les impies. Ayant le dessein de former son Église, il doit s'occuper davantage de ceux qui peuvent plus facilement y entrer que de ceux qui en sont extrêmement éloignés ^ ». Ainsi encore « l'Écri-