Jbid,, 2* dise., !'• partie
LF THÉOLOGIEN-PHILOSOPHE. 175
ture Sainte nous enseigne que les humbles, les pauvres, les pénitents reçoivent de plus grandes grâces que les autres hommes, parce que ceux qui méprisent les honneurs, les richesses et les plaisirs sont bien plus propres pour le royaume de Dieu ^ ». S'en rendent plus propres encore, peut-on dire, ceux qui, connaissant, grâce à FÉglise, les canaux par où se distribuent les eaux de la grâce, s'en approchent pour y puiser. Ces canaux sont les sacrements, chacun le sait... ou le doit savoir. Vouloir en user vient d'une inspiration prévenante qui ne « justifie » pas encore ; mais le bon usage qui en est fait change l'amour actuel de Tordre en un amour habituel : c'est ce dernier qui justifie, « en conséquence des désirs permanents de Jésus-Christ 2 ».
En résumé, « Dieurveut nous sauver et nous sauver tous, mais par des voies que nous devons étudier avec soin et suivre avec exactitude ^ ».
Pour l'auteur du Traité de la Nature et de la Grâce, voilà donc conciliées l'unité du plan divin total et la simplicité de toutes ses voies avec la distribution de la grâce apportant ici et là les fruits de l'amour divin. Non seulement cette explication ne lui parait compromettre en rien le salut des âmes; mais il croit fermement qu'elle le favorise, tout en respectant la liberté humaine beaucoup plus que les théories contraires.
En effet, dit-il, supposez que la grâce agisse par des