‹ MalebrancheChapitre 81 sur 132 · Tr. de la Nai. et de la Gr.^ 2* et 3« éclaircissements · texte numérisé non relu

Tr. de la Nai. et de la Gr.^ 2* et 3« éclaircissements

prétend l'expliquer ne sont-elles pas bien compromises?

Il est évident — tous les critiques l'ont reconnu — que les miracles gênent Malebranche. Il voudrait tout au moins expliquer le mot de façon à se satisfaire luimême; car il est fâcheux, dit-il, d'être obligé de l'employer tel quel, comme beaucoup d'autres de ces expressions « que l'usage du peuple a introduites et que chacun interprète selon ses préjugés et ses dispositions ».

Il faut bien qu'il le reconnaisse pourtant, l'idée de miracle implique assez clairement deux idées : l'idée d'un acte accompli par une volonté particulière, et l'idée d'un acte qui déroge aux lois habituelles. Assurément, il n'ose pas nier qu'il s'accomplisse de pareils actes, et il se contente d'abord de demander, pour ainsi dire, qu'ils soient justifiés par certaines exigences de l'ordre éternel; car si les exigences de l'unité et de l'immutabilité sont les premières, elles ne sont pas les seules. « Dieu ne fait jamais de miracles, il ii'agit jamais par des volontés particulières et contre ses propres lois*, que l'Ordre ne le demande ou ne le per- \mette. Sa conduite porte toujours le caractère de ses attributs. Elle demeure toujours la même, si ce qu'il doit à son immutabilité n'est de moindre considération que ce qu'il doit à quelque autre de ses perfections ^. »

1. Inutile de faire remarquer que cette seconde proposition est une explication delà précédente.

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