‹ MalebrancheChapitre 82 sur 132 · Entr. met., IV · texte numérisé non relu

Entr. met., IV

178 MALEBBANCHE.

Ceci convenu, le philosophe se souvient qu'il est aussi dialecticien, et il se met en devoir d'atténuer le plus qu'il peut la portée des deux idées constitutives de la notion de miracle, ou du moins d'en restreindre les conséquences contraires à son système.

D'abord, Dieu, dans les miracles, suspend-il réellement Feflfet des lois qu'il a établies? Pour le soutenir, il faudrait connaître toutes ces lois; or certainement, il en est une infinité que nous ignorons. « On pourra me mettre en contradiction avec moi-même, dit Malebrajiche, si l'on veut supposer que je ne connais point d'autres lois générales, selon lesquelles Dieu exécute ses desseins, que celles de la communication des mouvements ^ » Ces dernières lois, nous les connaissons; du moins en voyons-nous l'action incessante, puisque c'est à elles que sont soumis tous les phénomènes sensibles de l'Univers et même, selon les cartésiens, tous les phénomènes des corps vivants. Voilà pourquoi tout ce qui paraît contraire à ces lois nous cause tant de surprise, et pourquoi aussi c'est de la suspension de ce genre de lois que nous faisons dépendre le caractère de « ce qu'on appelle un miracle ». Encore une fois, cela ne prouve pas que ce fait, dit miraculeux, ne relève pas d'autres lois non moins générales, quoique soustraites aux regards de nos sens et à nos moyens d'investigation scientifique. « Par miracle, dira une note marginale des Entretiens métaphysiques^^ j'entends les

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