‹ MalebrancheChapitre 88 sur 132 · Réflexions sur la prémotion physique, p · texte numérisé non relu

Réflexions sur la prémotion physique, p

3. Ibid,, p. 144. Comparez d'ailleurs ce fragment de discussion théologique avec celui que nous ayons reproduit plus haut, page 140.

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timide, comme toutes celles qui sont tardives et embarrassées par le sentiment de contradictions passées; c'est une de ces formules claires, pleines, définitives, on est tenté de dire classiques, qui résument en quelques lignes les réflexions et les idées concordantes de toute ime vie.

L'auteur de ces lignes n'était même pas thomiste (et en cela il était fidèle à son esprit d'opposition contre toute la tradition scholastique). Sans taxer la doctrine thomiste de contraire à la foi *, il prenait bien soin de déclarer qu'elle n'était pas de foi, et il la trouvait, quant à lui, trop restrictive de la liberté. Il veillait toutefois à ce qu'Aniauld n'allât pas, par des confusions de langage, se mettre à l'abri sous le prétendu manteau de saint Thomas. Pour le mieux démasquer, il n'avait pas craint de le montrer comme un hérétique, moins franc que Luther et que Calvin, mais non moins enfoncé qu'eux dans Terreur. La page entière est à citer, car elle fixe, avec autant de vigueur que de clarté, un point d'histoire religieuse.

« Quoique dans son livre du De servo arbitrio, Luther se serve de termes plus durs que Calvin,, à cause qu'il avait l'imagination plus forte et moins fine et délicate que lui, rien n'est plus clair lorscju'on lit son livre, qu'il est dans le même sentiment, qui est aussi celui que M. Amauld soutient : savoir (jue la grâce agit de telle manière dans les saints qu'ils n'en usent pas bien ou mal

1. Nous voulons parler uniquement de la doctrine thomiste de la Liberté.

comme il leur plaît. M. Amauld reçoit Le mot de liberté ; Luther et Calvin n'en veulent pas. C'est là Timique différence que je puis découvrir entre le sentiment de ces deux hérétiques et celui que M. Amauld avoue... De dire qui agit de meilleure foi, c'est ce que je n'oserais assurer. Mais il me semble que ces hérétiques ayant de la liberté la même notion que les catholiques, ils ont dû dire, pour parler plus clairement et soutenir leurs erreurs, que nous n'avons pas la liberté de faire le bien, même avec la grâce. Au lieu que de soutenir que nous sommes libres, lorsqu'on suppose avec eux que la grâce est telle, que nous n'en usons pas bien ou malconmie il nous plaît, c'est avancer un dogme condamné, mais de plus c'est faire un galimatias où on ne saurait rien comprendre *. »

Le traité de IsiPrémotionpky signe que nous citions tout à l'heure est de 1715 ; mais les Lettres dont ce dernier passage est extrait sont de 1685. Quand on les lit avec attention, l'on doute bien sérieusement que la prétendue rétractation du formulaire de soumission à la condamnation des jansénistes soit autre chose qu'un faux document, forgé, comme il arrivait assez souvent ^, pour les besoins des polémiques. Cette rétractation ^ serait de

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