lettre touchant la défense de M, Amauld^ p
2. Exemple : de prétendues lettres de sainte Chantai à la mère Angéli(iae Amauld. Voyez V Histoire de sainte Chantai, par lâP Bougauld, t. IL Appendices.
3. Voici ce qu'on y Usait : <c Je proteste donc que je n'ai souscrit au formulaire, simplement et sans restriction, principalement la dernière fois, qu'avec une extrême répugnance, par une obéissance aveugle à mes supérieurs, par imitation et pour d'autres considérations humaines
196 , MALEBR ANCHE.
1673, affirme-t-on. Or, après l'attaque qu'H avait dû subir en 1685, Arnauld écrivait à Ûuesnel qu'on était « obligé d'humilier » l'orgueil d'un homme tel que Malebranche ; il relevait cette expression de« galimatias » qui lui avait été décochée, il disait à son ami : « Tout le reste du livre est du même air, toujours fier, toujours fanfaron, toujours impertinent. » Il est difficile à comprendre que si, dans ce conflit d'attaques et de reparties impétueuses, Arnauld s'était vu entre les mains une arme telle que la prétendue rétractation de 1673, il eût négligé de s'en servir pour mieux i< humilier » un tel adversaire.
En tout cas, cette rétractation, si elle avait été inspirée par des scrupules de tactique ou d'autres, créerait un singulier mystère, car nul — on a pu le voir — n'était et ne restera aussi porté que Malebranche à condamner les principes jansénistes. Aucun doute n'est possible sur ce point*.
La seconde grande hérésie du monde religieux du
qui ont Tainco mes répugnances. » V. Bouillier, Hist de la Philosophie raisonnes, tome H, ch. ii.
1. Dans toute cette polémique, Malebranche s'appuie inTariablement sur le canon du concile de Trente. Ce texte qu*il rappelait souvent aux jansénistes, il ne sera peut-être pas inutile de le rappeler ici à plus d'un groupe de penseurs divers.
a Si quis dixerit, liberum hominis arbitrium a Deo motum et excitatum nihil cooperari assentiendo Deo excitanti atque Tocanti, quo ad obtinendam justificationis gratiam se disponat ac prœparet, neque posse dissentire si Telit, sed relut inanime quoddam nibil omnino agere, mereque se passive habere, anatbema sit. »
xvii^ siècle est le quîétisme. Au premier abord il semble nous entraîner à une extrémité opposée à celle du jansénisme. N'a-t-on pas pris l'habitude de les personnifier, Tun dans le triste et dur abbé de Saint-Cyran,rautre dans le doux et tendre Fénelon? Mais il ne faut pas s'arrêter bien longtemps à ce que la diversité des imaginations, des sensibilités, des tempéraments ajoute à Terreur pour en tirer des applications plus ou moins séduisantes : il faut aller à Terreur elle-même et à son fond. Or, dans Thistoire de TÉglise, on peut dire que Thérésie se divise généralement en deux courants : Tun tend à Texaltation de la nature humaine et à Taflfaiblissement du surnaturel, comme Tarianisme, le pélagianisme, le semi-pélagianisme ; l'autre aboutit à faire de la puissance divine une souveraineté arbitraire et indifférente aux prétendus mérites des hommes, disons même à annihiler devant elle toute personnalité finie. Or il est impossible de nier que le jansénisme et le quiétisme appartiennent également au second groupe. On peut les considérer comme deux branches très différentes d'aspect, je le veux bien, mais parties d'un même tronc.
Et en effet la doctrine où Ton invite l'âme à aimer sans désir et au besoin sans espoir, où l'élan du cœur ne doit être soutenu d'aucun motif personnel, où l'être, s'absorbant tout entier dans une contemplation passive, est finalement prêt à abdiquer, avec le soin de son bonheur, la responsabilité de sa conduite, cette doctrine-là est-elle sans rapport avec celle qui dit : Vous êtes prédestiné ou
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VOUS ne Têtes pas, et tout est là? Si, au contraire, Tâme agissante croitqu'illuiappartient de coopérer elle-même à son salut, si elle prend le soin de peser les motifs de sa conduite, parce que Fœuvre de son bonheur étemel lui semble devoir être, comme le plaisir et la douleur, comme la récompense et la peine, réglée par Tordre immuable de lajustice,conmient pourrait-elle, en aimant, s'oublier totalement elle-même? Un pareil oubli n'est ni juste ni possible; c'est ce dont Malebranche a tenu à donner la démonstration, soit dans son Traité de Morale y soit surtout dans son Traité de F amour de Dieu.
Celui pour qui Dieu peut damner une âme dont il sait pourtant être aimé, celui-là se forme un « fantôme épouvantable * », et « blasphème contre la Providence ». Il imagine « un Dieu tel que, s'il existait, le vrai Dieu, jaloux de sa propre gloire, nous défendrait de l'adorer et de l'aimer ». Celui qui veut posséder le souverain bien et ne veut être heureux dans cette jouissance qu'autant que Tordre le demande, veut Dieu tel qu'il est; il veut, il aura Dieu comme Dieu se veut 2.
Par ces propositions (qui reviennent sous vingt formes différentes) , qu'est-ce que Tauteur a entendu le plus condamner? Est-ce le jansénisme? Est-ce. le quiétisme? Véritablement c'est à la fois l'un et l'autre. C'est plus particulièrement à un quiétiste que le Traité de l'amour de Dieu adresse ce raisonnement : la grâce n'est autre chose que le plaisir par lequel Dieu nous fait sentir que