‹ MalebrancheChapitre 90 sur 132 · Tr. de Vam. de DieUy p · texte numérisé non relu

Tr. de Vam. de DieUy p

ses perfections feront notre bonheur, et que par conséquent elles sont plus durables que les imparfaites beautés des créatures; or, qu'est-ce qu'aimer? ce n'est pas seulement ^^rejDor/^ à aimer, ce n'est pas seulement sentir cet appel et cette action du plaisir prévenant, c'est coopérer librement à l'appel, c'est « consentir au transport de l'âme * ». Mais si ces propositions sont vraies, ne réfutent-elles pas aussi bien le fatalisme de Jansénius que l'amour pur de M™* Guy on? Ces deux hérésies en eflfet méconnaissent, l'une, que la grâce nous invite à chercher par nos efforts personnels l'achèvement d'un bonheur dont elle nous fait seulement goûter les prémices; l'autre, que la coopération à la grâce, pour être méritoire et récompensée selon la justice, ne doit jamais être ni absolument refusée ni invincible. L'une et l'autre introduisent en Dieu l'arbitraire, et c'est ce que Malebranche a le plus combattu d'un bout à l'autre de ses écrits.

Sans doute il faut aimer Dieu pour Dieu et non pour un prétendu bien autre que lui; car Dieu, qui est la fin suprême, ne saurait être pris comme un moyen pour atteindre une fin meilleure. Il faut donc l'aimer, encore ime fois, de telle sorte que Ton ne veuille finalement que lui. Mais qu'est-ce que le vouloir, sinon vouloir le posséder et jouir de lui dans une union définitive? C'est là le souverain Bien, c'est là la fin où doivent tendre tous les mouvements dont il est la cause.

Autre chose est la fin, autre chose est le motif que nous

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