‹ MalebrancheChapitre 91 sur 132 · Absolument comme pour la haine. V. plus haut, p · texte numérisé non relu

Absolument comme pour la haine. V. plus haut, p

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avons de la poursuivre. Or ici, le motif est évidemment le bonheur que nous promet Funion avec celui qui est notre fin. « Sans ce saint plaisir je n'ai point de force pour aimer Dieu comme Je le dois *. » — « Si nous prétendons aimer Dieu sans qu'il nous plaise, sans goûter qu'il est bon, ou du moins sans Tespérance ferme que nous le posséderons un jour avec plaisir, nous prétendons Fimpossible. »

Citera-t-on des paroles de saints où Tamour, satisfait delui-mêmej accepte, dit-il, les peines de l'enfer si elles doivent servir la gloire de l'objet aimé? A cette objection, Malebranche répond par une de ses plus fines analyses ^, Ce désintéressement absolu n'est pas mensonger, il n'est pas feint ; mais il est le signe que l'amour a porté le plaisir dont il est la source à un si haut degré d'intensité, qu'il en oublie momentanément tout le reste. Quand la joie qu'on éprouve près de celui qu'on aime est incomplète, on fait mille retours sur soi-même. Quand le plaisir ne laisse rien à désirer, eh bien! précisément, on ne désire plus rien. Le vide du cœur est rempli ou on le sent comme remph, on n'y pense plus, pour ne penser qu'à celui auquel on le doit. « Voilà en quel sens l'amour est désintéressé. « « On s'anéantît, on se perd, on se transforme dans l'objet aimé, on prend ses intérêts, on entre

dans ses inclinations >» en s'imaginant de bonne foi

qu'on est comme sorti de toutes les siennes propres;

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