‹ MalebrancheChapitre 98 sur 132 · Voy. Rech,, I, 5; Médit., VI · texte numérisé non relu

Voy. Rech,, I, 5; Médit., VI

doit régler les mouvements du corps, c'est l'expérience, c'est le sentiment, c'est l'instinct. »

Ce sentiment, agréable ou désagréable, n'est pas simplement la sensation du moment, celle, par exemple, qui affecte notre odorat de manière à nous attirer ou à nous repousser immédiatement. La sensation nous laisse une certaine « expérience » qui, dégagée de toute interprétation sujette à l'erreur, agit de la même manière que le plaisir ou la douleur immédiate, par conséquent les prévient, les renforce, les prolonge, en diversifie les aspects, sans y rien mêler cependant d'étranger.

En second lieu, ces sensations, ou actuelles ou redoublées par l'expérience des sensations passées, ne nous viennent pas uniquement par les sens externes. Sans opposer en termes exprès l'instinct à l'habitude, Malebranche distingue — nous reviendrons tout à l'heure sur cette expression — deux sortes de « traces » qui subsistent dans notre système nerveux, les natureDes et les acquises- « Il y a, dit-il, cette différence, que les naturelles ont, pour ainsi dire, de secrètes alliances avec les autres parties du corps ; car tous les ressorts de notre machine s'aident les uns les autres pour se conserver dans leur état naturel *. » Vue très profonde qui devançait bien des découvertes physiologiques et qui aurait pu élever son auteur un peu plus au-dessus du pur mécanisme dans l'exploration des phénomènes intermédiaires entre la matière et l'esprit.

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