‹ Malformations congénitales de l'extrémité supérieure du radiusChapitre 6 sur 17 · RER · texte numérisé non relu

RER

Au cou, on trouve des deux côtés de gros ganglions lymphatiques volumineux et durs. L'épaule droite semble ne pas présenter de différence avec l'épaule gauche. La musculature y est aussi développée, le deltoïde aussi fort des deux côtés. Le pectoral gauche semble un peu plus volumineux que le droit. Lorsqu'on laisse les deux bras tomber naturellement, le bras droit semble un peu plus grêle que le gauche et il est manifestement plus court. De plus on voit qu'au coude l'avant-bras est dévié en dehors et que la main est constamment tournée en arrière. On remarque aussi que la masse musculaire, qui sur un bras normal occupe la face antérieure du condyle externe de l’humérus, fait défaut à droite, tandis qu’à gauche elle est très prononcée. Si on explore cette région, où normalement devrait se trouver la tête du radius, on ne trouve pas de partie osseuse. Au bras droit, le radius est facilement senti depuis le poignet jusqu’à deux centimètres de l’articulation du coude. Là existe une dépression. L’extrémité inférieure du radius est normale ; à deux centimètres et demi de l'articulation du poignet le radius possède une faible courbure à convexité dorsale. L’extrémité supérieure est amincie et plus grêle que celle du radius du côté opposé mesuré à la même hauteur. De cette extrémité semble partir un tendon ou uue bride fibreuse qui va s’insérer sur la partie la plus externe de l'articulation du coude. Lorsque l’on met la main en supination forcée l'extrémité inférieure du cubitus fait une forte saillie. Lorsque l’avant-bras est fléchi, on sent facilement sur le cubitus, à peu près au niveau où devrait se trouver la tête du radius, juste audessous du condyle externe de l’humérus, une saillie osseuse arrondie.

La flexion du coude peut être portée jusqu'à trente-trois degrés : l’extension, jusqu'à cent quatre-vingts degrés. Lorsque l’on fléchit le bras, la main étant dirigée en haut, on remarque qu'il se produit une forte déviation de l’avant-bras. Au début de la flexion, lPavant-bras tourne en dedans, et, à la fin du mouvement de flexion, l’avant-bras tourne manifestement en dehors.

Le poignet droit est plus faible que le gauche. La main droite est continuellement en pronation. Les mouvements de rotation, de l’avantbras sont faciles, car le cubitus peut se mouvoir latéralement dans

PAS re

l'articulation du coude. La flexion et l’extension de la main ont une amplitude normale. La main droite est un peu plus faible que la gauche. Les os du carpe sont au complet. Les os du métacarpe et les doigts sont au complet et bien développés. Le pouce et l’éminence thénar sont normaux ainsi que les plis de la main.

Le bras gauche paraît bien conformé. Cependant il semble que la supination de l’avant-bras n’est pas complète. Quelle que soit la force que l’on déploie, on ne peut pas amener cet avant-bras en supination comme dans un bras normal, tandis que les mouvements de pronation s’accomplissent normalement. De plus l’avant-bras ne peut se fléchir que jusqu’à quarante degrés ; extension au contraire donne un angle de cent quatre-vingt onze degrés. Nous trouvons l’explication de cette supination incomplète de l’avant-bras dans une subluxation de l’extrémité supérieure du radius, qui dans l'extension fait saillie en avant de l’extrémité inférieure de l’humérus. L’articulation est évidemment très relächée. La rotation de l’avant-bras ne se fait pas seulement par la rotation du radius dans l’articulation radio-cubitale, mais aussi par la luxation de l'extrémité supérieure de cet os.

Le poignet et la main gauche sont normalement conformés.

OgservaTioN IT (Tscumarke, Zeitschrift für orthopadische Chirurgie, 1900, Bd VILL, Heft IT, p. 368).

Après avoir parlé d’un sujet atteint d’une absence congénitale du tibia, Tschmarke s’exprime ainsi :

« Maintenant je vous dirai quelques mots d’un cas qui ne manque pas d’un certain intérêt. Il s’agit d’une absence partielle et congénitale du radius. Le jeune homme qui fait le sujet de cette leçon, Guillaume B., est âgé de treize ans ; il est pensionnaire dans un hospice de Cracovie. Ses parents sont en bonne santé et n’ont aucun vice de conformation. Ils ont eu sept enfants dont Guillaume B. est le quatrième. Ce jeune homme a dû présenter sept doigts à la main gauche ; mais deux d’entre eux ont été enlevés dès sa première enfance.

Au premier examen, on croit avoir affaire à une absence totale du radius ; mais un examen plus approfondi, montre la présence d’un deuxième os à côté du cubitus.

RTS

La main présente un fort degré d’adduction ; elle forme presque un angle droit avec l’avant-bras. Le cubitus est fortement incurvé surtout au voisinage de l’olécrane qui est très épaissi. On perçoit nettement six métacarpiens . Le doigt qui occupe la place du pouce présente trois phalanges. La main et les doigts ont conservé toutes leurs fonctions. Le doigt qui occupe la place du pouce peut être mis en abduction ou en adduction et quel que soit l’obiet que l’on présente à ce jeune homme, il peut le saisir et le tenir.

Fig. "1.

La pronation et la supination du bras sont limitées. La flexion et l'extension du coude sont conservées. D'ailleurs mieux que la description la radiographie (fig. 1) ci-contre éclaircira la chose.

En dehors des six métacarpiens et du côté radial de la main, on voit sur l’image une petite ombre qui indique bien un reste du septième doigt amputé. Le radius n’est long que de six centimètres environ. Le morceau d'os triangulaire accolé en avant de lui est-il un os naviculaire ou l’épiphyse du radius détachée ? cela est difficile à dire.Le bras gauche est quelque peu plus court que le droit.

Page 1