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Osservarion IL (Personnelle).
Le 4 novembre 1885, M. Labric recoit dans son service un enfant de 6 ans,.Edmond D..., qui présente une teinte bleuâtre des téguments.
Cette coloration, au dire des parents, existe depuis la naissance ; elle n'entraine aucune gêne fonctionnelle notable, mais devient plus intense, et la respiration plus pénible, par les temps nuageux et pluvieux. PS
Le jeune D... n’a point fait de maladie antérieure, et nous ne relevons chez les parents aucune trace de diathèse.
Etat actuel. — Le petit malade se présente à nous avec le déve- Joppement physique ordinaire à son àge; il pourrait même, sur ce point, subir sans crainte la comparaison avec beaucoup d’autres enfanis moins jeunes que lui.
L’émaciation n'a pas exercé ses ravages sur cet organisme insuffisamment nourri qui n'offre d’ailleurs rien de trop disgracieux, à le considérer dans son ensemble. Ce qui frappe tout d'abord, c’est une teinte bleuâtre très accentuée aux pommetles, aux lèvres, au lobule de l’oreilie et aux extrémités des membres,
Si l’on fait ouvrir la bouche au malade, on lui trouve les gencives ulcérées, fongueuses, et les dents déchaussées se laissent facilement ébranler et repousser; les avant-bras n’ont pas de nouure aux épiphyses. Quant à la main, sa conformation s'éloigne du type normal ; elle est plate comme si elle avait subi une compression, au point que les éminences thénar et hypothénar se dessinent à peine.
Les doigts sont beaucoup trop longs; la première et la deuxième phalange sont grêles et bien moins volumineuses que la troisième ; cette dernière mesure 1 centimètre de plus de circonférence et a pour caractère spécial d’être renflée comme une baguette de tambour.
Les ongles sont recourbés d’arrière en avant, larges et lisses; en
un mot, hippocratiques.
Lavergne | 4°
CS PONEE
Ces troubles trophiques offrent la plus grande analogie avec les lésions des orteils, sur lesquelles nous n’insisterons pas. |
La poitrine est légèrement bombée à droite du sternum ; la voussure porte sur les troisième, quatrième et cinquième cartilages costaux et un peu sur le bord sternal,
- La matité cardiaque existe en cet endroit sur une étendue de 2 centimètres environ. La main, appliquée sur la région précordiale, perçoit la sensation d’un frémissement, semblable à celui que l’on éprouve à.la surface d’un anévrysme artérioso-veineux, et l'auscultation permet d'entendre vers le deuxième espace intercostal gauche, près du sternum, un bruit systolique long et fort, qui se prolonge vers le mi-, lieu de la clavicule du même côté ; nous le comparerions volontiers à un bruit de soufflet; sa durée est telle qu'il couvre complètement le second temps du cœur et envahit, pour ainsi dire, toute la poitrine. On lui trouve en outre un second maximum d'intensité en arrière et à gauche.
À part quelques sibilances, la poitrine ne présente rien de particulier ; il en est de même du foie, qui n'est ni douloureux ni volumineux.
Le pouls est petit, régulier et fréquent.
Température externe 970. — Il n'y a point d'accès desuffocation.
Au bout de quelques jours, nous pouvons constater que les fonctions végétatives ne sont pas amoindries; certains ies trouveraient même exagérées ; le petit malade mange et boit avec plaisir et ne se laisse pas rebuter par la quantité des aliments.
Les digestions sont faciles ; les selles assez régulières et sans souffrances.
Le système musculaire est lent à réagir; la sensibilité est conservée ; les facultés sensorielles subsistent dans toute leur intégrité.
Quant à l'intelligence, elle semble avoir éprouvé, dans une certaine iesure, le contre-coup de la maladie. Nous en avons pour preuve la lenteur de la conception, la difficulté et quelquefois même le vague des réponses. L'enfant reste plongé dans une espèce de torpeur, et manifeste une grande indifférence pour tout ce qui se passe autour de
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lui : la vue d’une image, une lecture amusante, un jouet curieux, ne semblent pas avoir pour lui les mêmes attraits que pour ses petits camarades. 2
Ajoutons à cela un caractère pusillanime, une mémoire amoindrie, et nous verrons que, dans cet organisme imparfait, tout porte des marques plus ou moins sensibles d’affaiblissement physique et moral.
C'est là le tableau d’une maladie que, avec des caractères généraux et suffisamment tranchés, offre cependant certaines nuances individuelles.
L’état du jeune D... ne se modifie pas sensiblement dans le courant du mois de novembre. Le seul fait intéressant à signaler est l'accentuation de la teinte violette le soir vers 5 heures, et sa disparition presque complète le matin.
Le 28 novembre. — La peau est brülante et le thermomètre ne donne pourtant que 37°, 5.
Il y a des alternatives de diarrhée et de constipation.
On découvre des râles sibilants dans toute la poitrine et quelques râles muqueux en arrière et à gauche. L’albumine fait son apparition dans les urines; l'état subfébrile persiste, sans qu’il soit possible de Fattribuer nettement à une complication.
Nous arrivons ainsi jusqu’au 20 décembre.
A cette date, l’œdème apparaît aux bourses et à l’abdomen où il se confine pour le moment; les urines diminuent en quantité (400 grammes par jour) et sont toujours albumineuses ; le foie prend rapidement des proportions volumineuses ; le cœur se déchaîne et devient tumultueux ; le bruit de souffle est plus intense et envahit toute la poitrine ; dans les poumons on trouve des räles muqueux.
La digitale, administrée pendant trois jours, ne produit pas d’effets bien marqués.
L'œædème va croissant et se généralise ; les phénomènes pulmonaires augmentent en intensité.
Le 3 janvier. — Nous sommes en présence d'un malade avec anasarque, urines rares, albumineuses et très-chargées, congestion pulmonire intense, dyspnée et vomissements la nuit.
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Le cœur paraît ne plus suffire à ce surcroît de travail : ses battements sont précipités, mais faibles; le pouls est petit, inégal et irrégulier et nous attendons à chaque instant le dénouement fatal.
On administre à l’intérieur l’éther et l’opium.
Nous nous étonnons, au milieu de ce cortège d'accidents ultimes, de voir, malgré la gêne respiratoire, disparaître en partie la teinte violette de la peau.
Le 18 janvier. — Nous assistons à une éruption de varicelle au cou, à la face et aux jambes; la température axillaire, à ce moment, atieint 37° 1/2.
Température de la main = 37°.
Cet état persiste jusqu’au 23. L'enfant commence à mieux respirer ; son cœur est plus calme; l’œdème diminae aux. membres supérieurs et paraît moins dur aux membres inférieurs.
Le 24 et le 25. — Le malade prend un peu de sommeil, mange et boit avec plaisir: le pouls est toujours filiforme.
Le 26. — L'amélioration est notable, l'infiltration moins considérable et la respiration plus facile.
Le 27. — Accalmie générale, qui persiste jusqu’au 30.
Le jour suivant, l’œdème fait une brusque apparition au membre: supérieur gauche; la matité est considérable dans toute la poitrine ; le pouls est de plus en plus petit ; la dyspnée s'accroît ; des accès d’oppression surviennent à de courts intervalles dans la journée du 4% février, et le malade meurt le 2 février 1886 à 9 heures du matin.
AUTOPSIE
L’incision de la paroi abdominale laisse écouler environ 3 litres de sérosité ; un liquide de même nature, que l’on peut évaluer à 1500 grammes, est également renfermé dans la cavité pleurale. On ne constate point d'adhérences des séreuses thoraciques.
Le poumon gauche est petit et comme ratatiné ; son poids ne dépasse pas 140 grammes ; lelobe supérieur est emphycémateux (emphysème lobulaire et interstitiel) ; le lobe inférieur présente une colo-
ii AE Coeur se rapportant à l'observation III.
Enfant de 6 ans.
Cavités droites du coeur ouvertes.
(Grandeur naturelle.)
D in ae F E Ë G Por tiondetlia Dardinaniérieure droite durcœur relevée:
B.__ Arptère pulmonaire incisée.