‹ Malherbe et ses sourcesChapitre 10 sur 89 · CHAPITRE VIII Les Lexicographes et les Sgholiastes · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII Les Lexicographes et les Sgholiastes

L'article de Suidas est un exposé succint de la vie

1 Jamblique, Vie dn Pythagore, § 222.

< £. ROHDB, Ehein. A£im., XXVII (1872), pp. 54 s. — JAM- BLIQUE, /. c, rapporte qae le tyran Phalaris avait péri dans une émeate soadaine le joar même où il vonlait faire mettre à mort Pythagore et Abaris.

' Jamblique, Vie de Pythag. . § 6. Cf. Rohdb, Bhein, Mua., L c, p. 24.

d'Épiménide *. La seule omissioa importante concerne les prophéties. Si l*on compare la Vie dÉpiménide de Diogène Laêrce avec Tarticle biographique de Suidas, on remarquera une grande analogie entre les deux textes pour ce qui regarde la parenté et les ouvrages d'f^piméuide, mais aussi des différences caractéristiques tant pour la date et la cause de la purification d'Athènes que pour la longévité du personnage et la durée de son sommeil.

Nous croyons donc impossible de considérer Diogène Laërce comme la source d'Hésychius, Fauteur de la notice biographique de Suidas, même si Hésychius a dépouillé une édition de Diogène Laërce plus complète que la nôtre, ce qui n*est pas démontré *.

Pour expliquer les analogies et les divergences signalées plus haut, il faut, comme l'ont admis Nietzsche, MM. Maass et do Wilamowitz, supposer une source commune aux deux auteurs et utilisée différemment par chacun d'eux ^

* Suidas (éd. Bernhâbdy), s. v. 'Ettip-eviSt,;. — M. Flach,

Hesychii Milesii onomatologi qnae suptrsunt, Teubner, 1882, s. V. T.Trijx-vî^T^ç, a essayé sans succès de retrouver sous le texte dt3 Suidas, l'article primitif de son auteur, Hésychius. — Cf. KaUMBACHBa, Geschichte der byzantinisch^n Litteratur, 2e éd. Munich (Hanlb. Iw. Mûller), 1897, pp. B66 s.

* £. Maass, De biographis graecis quaeat,, pp. 114 ss.

> Nietzsche, Bhein. Mus , XXIV (1869), p. 224, suppose que cette source commune est Démétrios de Magnésie, connu de Diogène Laërce grâce à des auteurs intermédiaires. — DiELS, Bh. Mus.f XXXI, p. 30, n. 1, est à peu près du même avis. — E. Maass, L c , croit que cette source est Favorinns. — WILA- MOWITZ, ibid. p. 148 émet une opinion plus prudente et plus probable : ^ la source d'Hésychius est l'auteur dont les extraits ont servi, avec Favorinus, aux biographies de Diogène Laërce ». Cf. supraj pp. 15 s.

Dans un autre article, au mot o'.£X7raTfj<Tai *, Suidas ]}Ous a conservé un renseignement que nous lisons déjà chez Diogène Laêroe (1, III). La seule différence est remploi du verbe ùuxTzcLrf^Ws au lieu de exTtaTfjora». qui se trouve chez Diogène : cette différonce pourrait encore s'expliquer par l'hypothèse d*uue source commune.

Les scholiaates.

Parmi les nombreuses scholies qui rapportent quelque détail relatif à Kpiménide, il n'y a guère qu'une remarque de Servius, le commentateur de Virgile, qui mérite mention. Elle nous fait connaître l'opinion d'Aristote sur l'homonyme athénien du purificateur crétois '.

CONCLUSION

Si nous saisissons dans une vue d'ensemble l'histoire de la tradition que nous venons i'examiner, nous remarquerons que dès le VI' siècle avant notre ère, les détails fabuleux se mêlent à l'histoire d'Épiménide. Les Atthidographes consignent dans leurs chroniques le souvenir de la purification d'Athènes et rapprochent Épiménide du législateur Solon.

Théopompe recueille les principaux traits de la légende, tandis qu'Aristote représente plutôt la tradition historique.

* Suidas, 8. v. AiExiraT^^ra».. ToO Tritou TrapsçeÀOsTv. Aé^ouaiv 'Eiri- [i-eviôTiV ^rpo'vov eva O'.sxTtaTTÎîat, àoyoXo'jjJLEvov izipi piÇoTOfxîav.

* Servius, ad Virgilium, Georg. 1, J9 : vd Epimenidea (significatur) qui postea Bnzygea dicliis est sccttndum Aristotelem (=- Arist. fragm. coll. éd. V. Rose, 1880, IV. 38G). Cf. infra, pp. 112 8.

Héraclide Pontiqae et Bôlos de Mendès rangent Épiménide à côté des thaumatarges du VIP siècle avant notre ère et en font un précurseur de Pythagore.

Hermippe systématise les données des écrivains antérieurs et met en relief les rapports du personnage avec le fondateur de la démocratie athénienne.

Après lui; de Thistoire d'Épiménide, on retient surtout le caractère surnaturel; les auteurs latins^ les représentants de la littérature chrétienne et les écrivains néo-pythagoricierîs n'ont conservé que le souvenir du thaumaturge. La plupart d'entre eux le classent à côté d'Abaris, d'Aristéas et d'Hermotimos, et le considèrent comme un disciple de Pythagore.

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