‹ Malherbe et ses sourcesChapitre 9 sur 89 · CHAPITRE VII Maxime de Tyh, Pobphyre et Jahblique · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII Maxime de Tyh, Pobphyre et Jahblique

Le sophiste Maxime de Tyr nous a laissé une interprétation intéressante d'un des détails les plus curieux de la légende d'Épiménide.

D'après lui, le sommeil de plusieurs années {ïrr^ ^^^/va) dans la caverne de Zeus, pendant lequel le prophète avait été en rapport avec les dieux et avait reçu leurs inspirations, était une fiction d'I-.piménide lui-même qui aurait voulu indiquer que la vie terrestre était pour l'âme humaine un sommeil ou un rêve de longue durée ^.

1 CliéKENT D*ÂLEXANDBI£, Cohort. ad gentts, c. 2, § 7 (éd. MlQNE, I, p. 96). Cf. 8upra, pp. 76 s.

« MaXIMKDETyr, Dissertât. XVI, 1. éd. DÛBNEB,Didot, 1860. El al p.aOr,ffeiç àvafiVTjdEiç. — 'AcptxsTO ttoxe 'AOr^vaÇe Kpri; àvf,p, ovojxa'ETrtjievtÔîi^, xofxtÇwv Xoyov, ouTwal ^TjOévra^TriffTS'jeaôai ^aXeTcov èv Toû Aniç tûû AixTatou xcp à'vTpcp x£t{JL£voç uTTVcji poiOel exTj ff'jyva, ovap g^ti èvTuyEÏv auTOç OeoTç xal 6îcov Xo'yok;, xal àXifitlcf. xai Ôixt^. TotaOroi à'xTa ôiajjLuôo/OYÔiv r,viTT£To, oT[xai, 6 'ETrifAcVi^Ti^, u)< à'pa 6

Le sophiste platonicien met évidemment ici sous Tantorité d'un nom célèbre une des opinions les plus caractéristiques de sa doctrine.

Il rapporte aussi l'histoire de la purification d'Athènes. D'accord, du moins partiellement avec Diogène Laërce (I, 110), il admettait que les causes de l'intervention d'Épiménide furent la peste et la discorde \

Les deux auteurs néo-pythagoriciens Porphyre et Jamblique ne connaissent que la thaumaturgie d'Épiménide et, suivant eux, il la doit à l'enseignement de Pythagore '. De même qu'Empédocle possédait le surnom de Paravetit ('AXe^dtvejjioç)' et Abaris, celui de Voyageur aérien (At'Opo^aTr,;), de même Épiménide avait reçu parmi les représentants du pythagorisme, l'épithète de Purificateur (KaOapTTjç). Ce surnom caractérise justement le personnage; mais faire de lui le disciple de Pythagore, c'est placer le VII* siècle avant J.-C. après le yp. Nous avons là un exemple de la liberté avec laquelle les auteurs néo-pythagoriciens trr.itent la chronologie : ils subordonnent au fondateur de leur doctrine des personnages qui l'ont précédé pour pouvoir réunir en lui les dons divers que la légende attribue aux autres thaumaturges \ Il est douteux qu'Héraclide Pontique ait déjà

h yfi pfoc "caTç 'cwv àvôpwTitov ij;uyaïç ovetpaTt £oiX£ {j.xxp<f> xal iroXuETeï. Cf. id., dissertât. XXXVIIJ, 3.

^ Id., dise. XXXVIII, 3 : tt^v 'AÔTjvaiwv ttoXiv xocxou{X8vi)v Xoi{j.(p xal ŒTdtaei ÔiEawaaTo ÈxOuaajievoç. Cf. supra, p. 23.

* POBPHYBB, Vie de Pythagore^ § 29. Jambliqub, Vie de Pyihagare, § 6, § 104, § 135, § 221 s. Cf. supra, p. 39 et n. 2.

' Empédocle avait reça ce surnom à la suite de l'histoire des vents étésiens. Cf. BiDEZ, Biogr. d^Empéd,, pp. ^^3 s.

^ BiDBZ, 0. c, p. 42 : « Lorsqu'il s'agit de Pythagore, il n'y a pas lieu de s'étonner d'aucune invraisemblance chronologique ».

placé Épiménide au nombre des disciples de Pythagore. II le considérait plutôt comme un devancier du philosophe.

Jamblique rapporte encore une légende qu'on ne lit que chez lui : Épiménide menacé de mort, aurait obligé les gens qui voulaient le tuer à tourner leurs armes contre eux-mêmes, après qu'il eût invoqué les Ërinyes et les Dieux Vengeurs *. Ce trait merveilleux a probablement été inventé par Apollonios de Tyane, le grand thaumaturge pythagoricien des débuts de notre ère, pour rendre plus digne de foi une anecdote analogue dont Pythagore était le héros *. Si le disciple de Pythagore, Epiménide avait su se débarrasser miraculeusement de ses ennemis, à plus forte raison le maître avait-il dû posséder le même pouvoir.

Jamblique fait sans doute allusion à un auteur de généalogies, lorsqu'il cite Topinion d' Épiménide sur la naissance de Pythagore '.

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