‹ Malherbe et ses sourcesChapitre 22 sur 89 · Les Oracles · texte numérisé non relu

Les Oracles

De même que le poème des Purifkations a dû grandir le rôle de purificateur qu'Épiménide avait réellement rempli, de même les oracles qui circulèrent à Athènes vers Pan 500 avant J.-C. permirent aux écrivains postérieurs de mettre le prophète en rapport avec des événements qu'il n'avait pas connus et d'enrichir sa légende de nouveaux détails. Ëpiménide avait fait des prédictions ; mais elles étaient beaucoup moins précises qu'elles n'apparaissent chez les auteurs. Les oracles authentiques dont on avait conservé la légende furent consignés dans un recueil à l'époque des Fisistratides, et on y inséra sans peine des prédictions dont Épiménide ne pouvait être l'auteur. Nous avons vu comment Onomacri te fit admettre comme authentiques ses supercheries littéraires en cette matière *. Les cercles orphiques possédaient des recueils de ce genre attribués aux anciens thaumaturges, à Orphée, à Musée, à Bakis, à Épiménide et an scythe Abaris '. Des chresmologued errants interprétaient ces oracles souvent obscurs et y rattachaient leurs propres prédictions.

Aristote a peut-être connu le recueil d' Épiménide. Il dit, en effet, que les oracles du prophète crétois s'appliquaient plutôt au passé qu'à l'avenir et il cite dans la

' DiOGÈNE Laèrge, VIII, 3 et supra, p. 66 d. 4. * Voir sartont iupra, pp. 45 ss. et pp. lOS ss. ' £. Meteb, Gesch. d. Altert, II, § 459.

Politiqtie le mot 6(xôxa7roç qui paraît être tiré de ce recueil *.

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