CHAPITRE Vm
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Alors que Sohm identifiait les ressorts territoriaux du domesticus et du comte, Waitz * et Bronner * ont vu un rapport entre la circonscription administrative du domesticus et celle du duc Ainsi, ils se basent sur ce fait que Dagobert I*', en 637 ' informe le duc Vandelbert et le domesticus Baganric de la donation d'Ecouen à l'abbaye St-Denis. Mais d'autre part, le même duc Vandelbert est cité, dans un diplôme de Olovis II (640) \ auprès d'un comte Ebroulf qui remplit les fonctions de domesticus * : voilà donc deux domesticus dans le duché de Vandelbert.
En 667, Childeric II " informe le duc Gunduin et le domesticus Odon des donations qu'il fait aux abbayes de Stavelot et de Malmedy. Mais du fait que le même duc signe l'acte en qualité de témoin, il résulte que le roi le lui adresse simplement pour lui faire connaître la prise en considération de sa requête en faveur des abbayes.
Le diplôme de 722 ^ ne prouve pas plus pour cette opinion, car le duc Luitfrid et le domesticus Ebrohard, sont deux frères qui abandonnent à Tabbaye d'Honau, des biens de leur patrimoine : nous ne pouvons rien en
» Ouv. cité,8« édit, II., 2* p., p. 48, note 7. ' Oav. cité, p. 117 et suiv.
» V. p.just. 16.
* Pard. no 294 U 68.
' Voyez page 31.
• V. p.juat.28.
» V. p.just 87, 8
oonolare pour les pays & eux confiés, et encore moins pour la similitude de leurs ressorts.
Les ducs et les domestious se trouvent encore unis dans difiTérents textes des vies de saints mérovingiens. Au chapitre 17 du Vita S Eligii\ le roi Dagobert se plaint de ce que les ducs et les domesticus accaparent ses viUae. Dans le Vita Desiderii, évéque de Cahors *, dans le Vita Salvii, évéque d'Angoulême ', ces dignitaires apparaissent les uns près des autres. Mais ces témoignages, qui datent tous de la fin du 7® siècle, ne peuvent prévaloir contre les affirmations des documents officiels; d'autant plus que les termes romains, byzantins et germains sont mêlés au caprice des auteurs * ou plutôt de leur ignorance et que ces documents ne prouvent rien pour l'étendue des ressorts.
Bien n'appert de plus des passages de Frédegaire et d'Aimoin " rapprochés du chapitre VII 40 de Grégoire de Tours °.Si pour les premiers, les trésors de Mummolus sont présentés au roi par le domesticus Domnolus et le camérier Wandalmarus, tandis que Grégoire charge le duc Leudeghisl de ces richesses, cela provient probablement de ce que le roi Gontran avait chargé le duc Leudeghisl du châtiment de Mummolus et les deux fonctionnaires financiers, de l'administration des richesses du révolté.
* V. p. juBt. 81.
• V. p. just. 58.
* V. p. just. 69.
^ y. le terme Satrapas dans le Vita Salvii (p. just. 59).
• V. p. just. 20.
^ Igitor Leudeghislos dux corn theaauris omnibos qaos saperioB nominavit, ad regem venit.
Pour oe qui est du Vïta Amulfi *, le terme provincia n'a pas le sens romain de groupe de cités : ce que nous avons montré plus haut '. Si même on pouvait admettre cette étendue pour le ressort du duo (ce dont nous doutons), il ne peut absolument pas en être question pour le district du domesticus.
Le dernier argument de Brunner, & savoir que dans le Saint-Empire germanique du moyen âge, il y a auprès de chaque duc national un comte palatin, néglige les conditions dans lesquels ce fait se présente. A cette époque, le pouvoir du souverain n'est guère plus grand que celui des ducs et surtout, cenx-ci ne sont point ses représentants : Tempereur place donc auprès d'eux un offîcier chargé de ses intérêts; c'est le même phénomène que nous constaterons chez les Lombards et les Anglo- Saxons \
Enfin, n'oublions pas que les ducs ne sont pas des fonctionnaires permanents : leur charge est extraordinaire; créé dans des circonstances particulières, le duc a juridiction sur le territoire nécessaire à l'accomplissement de sa mission et l'étendue de ce territoire est variable (seul point de similitude avec le district du domesticus). Le ressort du domesticus n'est donc pas celui du duc, pas plus qu'il n'est celui du comte.
« V. p. ju»t. 17.
* Voyez page 24.
* Voyez chapitre 18.
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