HENRI, CHRISTIANE, LE COMTE
HENRI, continuant*
Votre père et moi, Christiane, nous travaillerons ensemble pour vous faire un jour la vie calme et heureuse. Et, si la France ne peut plus ôtre une patrie pour notre amour, notre amour ira au delà des mers, chercher une autre patrie.
LE COMTE, à part.
Ils s'aiment !
HENRI, continuant.
C'est, dit-on, aux républiques naissantes du nouveau monde que le chef des rois du monde ancien doit demander un asile pour sa gloire... Eh bien, nous le rejoindrons; et c'est à la jeune Amérique que notre amour, lui aussi, ira demander un asile. (Avec passion.) ma Christiane, que je vous aime 1...
CHRISTIANE, d'une Toix brisée.
Henri, par grâce, laisez-vous ! J'ai peur que le ciel, en me voyant aimée ainsi, me trouve assez heureuse, et ne me rende plus mon père !
HENRI, avec passion.
Oh! mon. adorée 1...
Il couvre d(^ baisers ses mains et ses chereux» LE COMTE, se voilant la face.
Et voilà deux mois que je soupire pour atteindre ce moment-là.
Le général Forestier a paru au fond, près de la terrasse, et, dans le rayon lumineux qui réclaire, il s'est arrêté et envoie un dernier adieu de la main du côté de la vallée. — Tout à coup, Cbristiane qui est encore dans les bras d'Henri, aperçoit le général et pousse un cri étouffé; à ce cri, le comte sort un peu de l'ombre qui l'enveloppait.