‹ Malheur aux vaincus: pièce en quatre actesChapitre 18 sur 79 · SCÈNE XI · texte numérisé non relu

SCÈNE XI

Les Mêmes, LE GÉNÉRAL FORESTIER.

GHRISTIANB, à Henri.

Ah I regaFdez ! regardez !

HENRI9 de m6me.

Le général !

Il gagne nn peu A droite.

GHRISTIANE, se soutenant à peine.

Oui... c'est lui I c'est lui !... (Appela/it, d'une voix briiée.) MOD

père! mon père!

A sa Yoix, le général se retourne précipitamment et s élance T«rs - elle. II porte la petite tenue de 1 artillerie de la garde.

FORESTIER, s'élanfiant.

Ma fille I mon enfant*.

CHRISTIANE, presque folle, et le eourrant de baisers.

C'est mon pèrel le voilà!

FORESTIER, au milien des larmes.

Ma pauvre petite Chrisliane.

GHRISTIANE, de même.

Oh I mon Dieu I mon Dieu! que vous êtes bon!

FORESTIER, l'admirant.

Comme elle est grandie! Mon ange... je ne suis pas yenu tout de suite, lu comprends? je te savais là, j'étais sûr de te retrouver, toi; tandis que, lui, il va partir. (Arec douleur.) Et je ne le verrai plus jamais ! Tu me pardonnes, n'esl-ce pas, de de n'être pas venu tout de suite?

CHRISTIAN E, l'entourant de ses bras.

Oh! mon père!., trois ans loin |de toi 1 sais-tu combien cela fait d'heures... de minutes, d'éternités?

Elle l'embrasse follement.

HENRI, s'ayançant.

Général !

FORESTIER, lui prenant la main.

Henri! tu étais là et je ne le voyais pas. (Montrant christiane. • C'est sa faute, vois-tu, quand elle est devant moi, elle me cache la terre.

* Christiane, Forestier, Henri, le comte, au deuxième plan à gauche.

CHRISTIANE

Mais, voyons, comment se fait-il? par quel miracle? dis... mais dis-dôttcl

FORESTIER, qui Tient d*aperceToir le comte.

Pins tard, Christiane; nous ne somaies plos seuls 1

n rend le saint «a comte.

CHRISTIANE, se retournent.

Ahl

LE COMTE

Pardonnez-moi, monsieur, de m*étre permis de mêler mes larmes aux vôtres 1

CHRISTIANE, à son père.

Un ami généreux, mon pèro, qui, lorsque Henâ n'était pas là, a bien souvent consolé votre pauvre Gbrisiiane ! (Le présenunt.) M. le comte de Malnoé.

FORESTIER, 8*aTançant yers le comte.*

Vous avez adouci parfois les chagrins de ma fille, monsieur ; mon cœur vous remercie. Votre main?

LE GOUTE, la main demi-étendne.

Nous... nous sommes au roi, monsieur!

FORESTIE R, timidement.

Depuis quand?

LE COMTE, s'incUnant modestement.

Depuis Azincourt !

FORESTIE R, émn.

Où mourut bravement toute la noblesse de France. (Lui serrant la main.) Touchez là, mousicur, tous les dévouements sont frères!

LE COMTE, arec éclat.

Ah ! général ! (a part, et en regardant Christiane.) Et elle en aime

un autre 1

FORESTIER, passant à Henri.**

Mais, voyons, mon cher Henri, il me tarde d'embrasser votre père. Encore un fidèle qui doit bien souffrir à cette heure.

HENRI, à part.

J'avais tout oublié !

Mouvement de Christiane.

FORESTIER

Allons, Christiane, prends le bras de ton fiancé, et... (Remarquant leur trouble è tous deux.) Mais qu'aveZ-VOUS doUC ? (Sou-

* Le comte. Forestier, Christiane, Henri.

** Le vicomte, Christiane, Forestier, Henri.

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