MALHEUR ET PITIÉ W
Le sexe par ses pleurs, lesmorts parleurs tombeaux^ Et la férocité veut des crîmes nouveaux.
Du sein qu a déchiré leur fureur meurtrière, L'enfant avant le temps arrive à la lumière ; Sa mère palpitante expire sous leurs pas.
Du malheureux qui meurt ils hâtent le trépas. Prêtres saints y cachez-vous , fermez le tabernacle : Epargnez à mes yeux Teffrojable spectacle De vos corps déchirés sur vos parvis sanglans ! De la vierge k genoux leur rage ouvre les flancs , S'irrite sans obstacle , égorge sans colère , Et f s'il n'est teint de sang, l'or ne saurait lui plaire. Tout ce qui du passé gardait le souvenir, Tout ce qui promettait un bonheur à venir , Tout ce qui du présent accroît la jouissance , Les raonumens des arts, ceux de la bienfaisance ; Tout subit leur fureur. S'il offre un trait humain , L'airain trouve un bourreau, le marbre un assassin. En vain, pressant les rangs, et domptant les obstacles. Leurs bandes des vieux temps rappellentles miracles. C'en est fait! et le nombre accable la valeur. Ah ! que les arts du moins consacrent le malheur ! D'un côté, montrezr-moi les noms, les noms sublimes De ceux qui de l'état ont péri les victimes : Qu'ils vivent sur l'airain, que la main des pasteurs Les entoure d'ombrage et les pare de fleurs ! De l'autre , sur un roc stérile , affreux , sauvage. De vos chanips dévastés épouvantable image , Du monstre Rapinat gravez le nom cruel , Nom maudit par la terre , abhorré par le ciel. Qu'à son funeste aspect les amantes frémissent j De loin , en le voyant , que les mcrcs gémissent ;