CHANT QUATRIÈME
A Combien ^ie fléaux le ciel livra ie monde ! Ici dès cbatnps entiers sont submerges sous l'onde | Ailleurs le volcan tonne , et ses bonribles flancs Dévorent les palais et les temples brûlans ; Tantôt les ouragans^ plus prompts que le toimerre ^ D^un immense débris couvrent au loin la terre : Mais du monde tremblant ces bbiribles fléaux Des révolutions n'égalent point les maux, Atilieu de cette douce et puissante babilude^ Qui de nos passions endort l'inquiétude ; Au^lien de ce respect , conseiller du devoir. Dont L'heuçeuse magie^ entoure le pouvoir ; D'un sénat oppresseur les lois usurpatrices Gouvernent par la peur, régnent par lés supplices. Quelques abus font place à des malheurs plus grands^ Et des débris d'un roi naissent mille tjrans. La France , que le monde avec efïiroi contemple , En ofTre ; dans ses chefs , l^épouyan table exemple. De notre liberté despotiques amis, Oii sont-ils ces beauxj ours qu'il nous avaient promis ? La misère est pour nous, et pour eux l'opulence | Sur la chute du trône éleyc^ntleur puissance , D'un front jadis rampant , its affrontent les cieux. Un moins hideux spectacle affligerait les jeux y Si, «bangés tout à cbiip en d'informes ruines, ^ics boisbaissaient leur tète, et levaient leurs racines.
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H<^BS ! depuis ce jour sL iecoud en forfaits. Où le crime vainqueur vient s'asseoir^ous le dais | Où le bonnet sanglant remplaça la couronne , De quels maux inouïs l'essaim nous environne-! Par ce premier malheur que de maux enfantes ! L'œil en pleurs , le sein nu , les bras ensanglantas p La France , qu'enviaient les nations voisines | Des ruines du monde accroissant ses ruines , De son corps gigantesque étale eu vain Torgueil^ Assemblage hideux de victoire et de deuil; Ses biens de tous les maux renferment la semeuce ; Son calme est la fatigue , et nou Tobeissauce. Mais, bêlas \ des^malbeurs où Tëtat est plonge, Le plus affreux n'est pas l'empire ravage :
Ses enfaus disperses aux quatre cofus du monde , De toutes ses douleurs , voilà la plus profonder. Doublement a£9igée , elle pleure en son cœur L'injustice des uns, des autres le malheur.
Qu'il est dur de quitter^ de perdre sa patrie ! Absens , elle est présente à qolre ame atten^drie : Alors on se souvient de tout ce qu'on airaa^ Des sites enchanteurs dont l'aspect nous charma , Des jeux de notre enfancej et même de ses peines*
• Voyez le triste Hébreu, sur des rives lointaines , Lorsque emmenë captif chez un peuple inhumain ^ A l'aspect de l'Ëuplirate, il pleure le Jourdain. Ses temples, ses festins, les b«aux jours de sa gloire y Reviennent tour à touf à sa triste mémoire , £t les maux de l'exil et de l'oppression Croissent au souvenir de sa chère Sion.
Sou vetit| en Tinsultanti sea vainqueurs tyrunniquei
7Ô MALHEUR ET MTIÊ.
Lui criaient : « Chantez-nous quelqu!un de <î€â cantiquct
Que vous chantiez aux jours de VOé solennités.^
— Ah ! que demandet-vôTis à nos coeurs attristés.?
Comment thantcrions-nons aux rives étrangères /
Repondaicnt-iJs en pleurs. O berceau de nos pères 1
IVotre chère Sion ! si tu n'es pas toujours
Et nos premiers regrets, et nos derniers amours,
Quepousrestionssaos voix j que fios langues sechees
A nos palais brûlans demeurent atlachées !
Sion , unique objet de jôic et de douleurs ,. Jusqu'au dernier soupir, Sion, chère à nos cœurs! Quoi î ne vciTons-nousplus les tofliibes paternelles, Tos temples, tes banquets , tes fêtes solennelles ? Ne pourrons-nous un- jour, unis dans le saiirt heU, Dp'rçloiîr de teç fih remercier ton Dieu ?»
Ainsi pJLniraitrHébreu; mais du moins par se^frères
II n'c'taU poiut banni du séjour de ses pères.
Ah ! combien du Français le soft est plus cruel !
Chassé par des Franç;iis Toin du sol paternel ,
Il fuit sous d'autres cfeux; çf, p^ur comble de peine,
De sa pairie ingrate il emporte la haine.
O ciel ! à ce départ, que de pleurs, de regrets !
Chacujn^uitte ses biens, ses travaux, ses projets.
L'un , cent fois s'éloignanl et revenant encore.
Pleure, en fuyant, sfsblésquicomraençaienl d'éclore;
L'aptre de ses« jardins les -bosquets enchantes ;
J/aulre ses jeunes cnps nouvellement plantés,
Avant d'avoir pressé dans la cuve fiunante
De ses preHiiérs raisins la vendange écumaulg, .
A ses livres choisis l'autre fait ses adieux ;
l^'aptre baigne de pleurs sop réduit «ludiçuy ;
Et, loin du lieu ckeri, confident de ses veilles y De «a muse exilée emporte les merveilles.
Bienlôt d'affreux encans dispersent au hasard ' Les chefs-d'œuvre du goût , les prodiges de l'art. Souvent pour un vil prix y pour un plus vil usage , Aux mains de l'ignorance ds tombent en partage : Un Raphaël échoit au magister du lieu; Racine d'un manant alimente le feu ; En pfl^s sont vendus les Bu (Tons , les Voltaires ; Leurs tomes isolés redemandent leurs frères ; Ëiy vengeant une fois Pelletier consolé y £n cornets , a son tour. Despréaux est roulé. Le dieu du mal sourit à ces honteux ravages.
Mais gue sont de nos arts ces hideux brigandages
Près au viol affreux de la propriété ?
O toi , premier appui de la société f
Qui , seul des immortels restant au Capitule ,
Après le roi des dieux ^ fus sa première idole ^
Dieu Terme I que dis-tu de ces* barbares lois^
Qui , du premier contrat violant tous les droits ^
£t des usurpateurs consacrant l'injustice ,
Du pacte social renversent l'édifice?
Vous^ allez maintenant, complaisans possesseurs |
D'avance enrichissez vos heureux successeurs!
Appelez les brebis des nations lointaines ;
Epurez par le choix les races indigènes :
\oi\h pour quelles mains vous soignez vos troupeaux^
Vous fécondez vos champs, Vous plantez vos coteaux ;
Ah ! contre leur injuste et triste jouissance
Je n'irai point des loiS' invoquer la puissance.
Yjens ! ^ tendre {^itie^ viens ! pour toucher les coeurs^
es StALHEim IT PITife
Celui dont le respect votifc ndréàse sa voix, ^ Aux jottr» de son bonheur » accueilli par les rois, Oublié dans êcs maux , vous demeura fidèle ; Mais touSj n'en doutez point , n oui pa« le même lèle. N on , non : le temps n'es^ plus où la soummion , D'un amour idolâtre heureuse illusiop , Environnait le trôtie: une raison hardie , De ce vieil wlîîvers nouvelle tnaladie, Calcule ses devoirs /et discute vos droits; Sous la pourpre avilie interroge les rois j Désenchante Tesprit , et paralyse l'ame ; Du feu chevaleresque éteint la noble flamme j De l'état social désordonné les rangs ; Des grands et des petits , des amis, des parens , Des rois et dl?s sujets^ brise l'antique chaîne. Gardezrvous donc d'ofïrir ta scandaleuse-scène De ctes cifturs généreux punis. d'aimer leurs rois*; L'avenit du présent se venge quelquefois* Un faux amour de paix enfante les orages, Et la fiiute d'utt jour pèse sur tous les âges. Hedoutetdu moment le conseil mensonger; Un excès de prudence est smivent un danger^ Des affronts faits a>ix siens, qu'il combat et qu'il aitae, Le França is , croyeit-moi > is'indignerait iuiH»è«le . Pour n'être point trahis, ne soyez point ingrats. Et toi , tendre Pitié , parcours tous les états ; Va > parle ; et , s'il en est que la terreur arrête , Dis^leur : « N'espérez- pas conjurer la tempête; Du monstre à votre tour vos sentirez les coups , Et leUr^ maux dédaignes retomberont sur vous, t» Laissez donc de l'efi&roi la molle complaisance : Par votre courageuse el poble bienfaisance»
HAlfiËflfiËT
Obtenez des bons cœurs un gi £t semez le« bienfaits pour n
Que d'antres des guerriers ete Attellent la terreur au char d Bien plus heureux celui qui c La vertu gc^ntfreuse ^ et sourt
•fHi»le« flots:
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Virgile ! à mon maître i 6 déliées du monde ! Je reviens donc à toi. Dana ta muse féconde , D'stutres admireront le langage desdiéux.
Ta force | ta douceur , ton vers n^lodieux ; Mais ce qui te rend cher aux âmes bienfaisantes y Ah ! c'est de la Pitié' tes peintures louchantes , £h ! regardes Didon , lorsqu'au}^ bord^ libje;ii8 Un orage a poussé le héros des Trojeiis :
Four la mieux préparer à plaindre sa misère ^ Sous des traits empruntés^ l'Amour^sou jeune frère ^ Le plus beau des enfans, le plus puissant des dieu^ , A cette reine encor n*a pas lancé ses feux ; Elle n'a pas encor, dans sa veille amoureuse ^ Ecouté au héros l'histoire douloureuse ; Mais déjà le malheur est saifté dans sa cour ^ Et I9 Pitié chez elle a devancé l'Amaur.
« Venez, nobles bannis , leur dit-eUie avec joie ; Carthage hospitalière est Tasile de Troie.
Le destin vous poursuit , c'est asset pour mon cœur: Malheureuse , j'appiûs à plaindre le malhexir. m
Pour CCS mêmes bannis, jotteils d'un $x>rt funeate | Qui ne connaît l'accueil du généreux Acestc?
Boa roi ^ tendre pareat ^ il n a pas oublié
yâhMim ET PITIÉ-
82 *aînes du «apg ave(r eux Tout lie.
Cclili Ay^ les é. vus du haut de la collinie ,
Aux ^^'x à pas presse' le vielflard s achemine ;
OuUftre'^rs , son palais , ses ports leur sont ouverts } il gémit sur leurs maux^ console leurs revers, Eucourage leurs jeux, solennise leurs fêtes.
Sont-ils préls à braver de nouvelles tempêtes? ,> Du nectar de Sicile il emplit leurs vaisseaux , Et ses regards long- temps les suivent sur les eaux. Récits cbarmans, pourquoi n'étes-vous que des failles? Mais Virgile exprimait des plaisirs véritables : Ah I sans doute il sentait ce qu'il chantait si bien| Et dans le cœur d'Aceste^il nous peignait le sien.
Et même entre ennemis^que son vers plein de charme Peint bien celle Pitié dont la voix les désarme ! Qui ne sait d'ilion les terribles eombats , Quand Achille aux Trojens envoyait le trépas , Les poussaitdansleurs camps, ou contre leurs murai!- Ecrasait leurs débris échappés aux batailles? [les, On combattit dix ans ; mais contre la Pitié Que peut des nations' la longue inimitié? ^
Avec peine échappées coups de Polyphèrae, Le Grec Achéméiiide, en sa misère extrême, Arraclié par la faim du fond de st)u rocher , Voit le chef des Trojens, et tremble d'approcher; Quelquc3 tristes lambeaux qu'attachent des épines Composent se» habits j dçs glnuds et des racines Alimentent se» jours ; sur ses piéd^ chancelan», Margre et pâle fautôme, il se tratne à pas lents; Tout h roijp il l'écrie ; « Abrégn mon supplice , P Tfofen^ I vptt» ypyo» |)q comppgnoQ i^iflfw^
MÂLHEUft Et pmÊ.: 85
Percei-ttioi de vos traits, plongez-moi dans les flots : Vous me devez la mort. • LeTroyen, à ces mois , S'e'meut , verse des pleurs, le recueille avec joie 5 Et la mer voit un Grec sur les vaisseaux de Troie : Tant la Pitië louchante a de droits sur nos cœurs! Vous donc, de mon pajs généreux bienCaileurs, Acceptez mon encens! Qu'à travers cette scène De partis turbulens , de discorde et de haine , Avec un soin plus tendre et des accens plus dauxy Nos vœux reconnaîssans arrivent jusc[u'à vous l
Pontife des Liégeois , accepte moû hommiige ^ ; Le plus près du valcan , tu défias l'orage :
Tes états sont bornés , et tes dons infinis.
La Haie, Anspach, Neûwied> sontpeuplés de bannis. Salut, murs de Constance! ettoi, daigne m'en tendre, Waldeck, homme éclairé, prince aimable, amitendr» Je ne te vis jamais : par l'estime dicte, Mon vers par tes faveurs n'est point décrédité j Tu ne commandes pqint à de vastes provinces ; Mais mon cœur t'a choisi dans la foule des princes. Lorsque vingt nations dévoraient nos débris ^ ^ Dans un encan barbare achetés à bas prix , Leurs remparts se fermaient à^la France exilée j L'humanité te vit, et sourit consolée.
D'autres ont des jardins , des palais somptueux ; Le monde entier vient voir leurs parcs voluptueux } Maisdes pasd -un Françaisl'on n'y voit pas l'empreinte; On craindrait que scsmau^ n'en souillussenti'encetHl«| Ah! ees jardins pompeux et ces vastes palais ValOQt*iU un des pleurs laris par tes bt^n faits? TQIpbez devant ce luKOi Altiirei polgnnodes i '
86 ifÀtHçm Et mit
Croulez , fiers cbapiteaux, orgueilleuses arcades ;
Et que le sol ingrat d'un ingrat possesseur
Soit sec comme ses jeux et dur comme «on cœur !
Mais vous , sojez be'ais ^ vous , peuples magnanimes y
?ui de nos oppresseurs réparâtes les crimes!
oi , surtout^ brave Anglais , libre ami de tes roj^i ^ Qui I mettant ton bonheur sous la garde des lois^ Des partis dans ton sein vois expier la rage^^^ Ainsi que sur tes bords vient se briser Vprsigç ! Ce ne sont plus ici ces asiles cruels y Où des brigands i CAçbés à l'ombre des autels | Oiil'assqssin; souillé du sang de sa victime | Demandaient aux lieux saints Timpunité du cnii\6. Contre le vil brigand et Tinfame assassin , Albion au malheur ouvre aujourd'hui son sein. Là viennent respirer^ de leur longue souffrance , Ces dignes magistrats^ oracles de la France; La des guerriers fameux embrassent leurs rivaux ; Là ces ministres saiuts, échappés aux bourreaux, Protégés par la loi , gardent leur culte antique : Sion dans son exil chante le saint cantique ; Et l^une et l'autre église abjurent leurs combats, Et la iille a sa mère ouvre, en pleurant , les bras. Pour corriger encor la fortune ennemie^ , Du vénérable Oxford J'antique académie Multiplia pour vous ce volume divin Que rhomme infortuné ne lit jamais en vain, , Qui, du double éyangiléai^cien dépositaire, Nous transmit de la foi le culte héréditaire; Vous montre' un avenir; fait , des palais du ciel, Dans vos humbles réduits descendre r£ternei|
SlAtHEtJR Et PftïË- ' OT
Console voIrè exil, charmé votre sbufFratice, Nourrit là foi , l'anibur, la céleste eàpe'irance ) Pre'sent plus pre'cicux , et plus cher mille fois f Que les Ire'sors A\i moncfe et les bienfaits deS rois, t^lus de rivalité , de haine , ni d'envie :
Au banquet fraternel Albion nous convie j Son sein s'ouvre pour tous, et ne distingue plus Les fils qu'elle adopta y de ceux qu'elle à conçus. Telle , une terre heureuse h tous fes plants dtt monde Se montre hospitalière ; et sa sève fe'fcOiidé Nourrit des mêmes sucs l'arbre qu'elle enfanta, Et le germe étranger que l'orage j porta.
PouVsuis , ïière Albion, faisbe'nir ta puissance : Tous les honneurs tinis forment ta gloire imnlen^e; Le monde tributaire entretient ton trésor ; Le Nord nourrit tes mâts , l'onde mûrit to'n ov | La France , avec ses vins , le verse l'allégresse; Tes lois sont la raison , tes mœurs sont la sagesse , Tes femmes la beauté' , leurs discours la candeur, Leur maintien la décence, et leur teint la pudcnf; Tu joins les fruits des arts aux dops de la fortune, Le tonnerre de Mars au trident de Neptune.
Tantôt, foulafit aux pieds l'athée audacieux , C'est Minerve à'armant pour la caùSe des dieux ; Tantôt , fille des mers , belle , fraîche et fé'cbnde > C'est Vc^nus s'élevant del'empîre de l'ondç.
Jouis, fier Albion ; mais, dans ta noble ardeur, Métsunfrefn à ta force, un terme à ta grandeur. Carthage , attaquant Rome, expia cet outrage ; Rome hâta sachutc, en renversant Carthage.
Les Indes, les deux mers, tout a subi ta loi : H pe \ç fpste plus qu'à triomphe^ ^ç Xq'u
Parmi lés bienfaiteurs de ma triste patrie , Pourraîs-je t'onblier, terre que j'ai c^rie , malheureuse Suisse? £h ! comment oublier Tes cascades , les rocs , ton sol hospitalier? Non , non : je l'ai promis à TaHuable Glairesse^ ; Beau lieu , qui nourrissait ma poétique ivresse ! J'ai ju^c sUi* tes monts , et je liens mon serment | De pajer mon hommage à ton site charmant.
Amoureux des torreiis^ des bois ^ des précipices ^ Dans quel ravissement je goûtais leurs délices! De leulrs après hauteurs lentement descendu | Que j'aimais ce be«iu lac à mes pieds étendu , Ces bosquets de Saint-Pierre , île délicieuse ^ Qu'embellit de Rousseau la prose harmonieuse !
bords infortunés! en vain nos oppresseurs Nous^ont de votre asile envié les douceurs, £t , menaçant dé loin vos frètes républiques , Ont lancé contre nous leurs arrêts t jranniqucs ; Chacun de vos rochers cachait un malheureux.
Mais f hélas ! pour la France ils n'avaient que leurs
[vœux y Des femmesi des cnfans, des vieillards et des prêtres; Que pouvaient^ils de plus, que prier ^our leurs
[maîtres?
Choisis y Muse , choisis tes plus nobles accens :
Les héros de Condé te demandent des chants;
Laisse de la Pi4ié le luth mélancolique ;
r>is leur exil armé , leur malheur héroïque.
' sont plus ici ces belliqueux essaims, les cfoisés en foule inondaient leslicux sa^nlSt
SI leur nombre est moins ^aud, leur cause est aussi
., [belle;
De leur Dieu, de leurs rois ils vengent la querelle. Sparte y. ne parle plus de tes trois cents guerriers : Un seul de leurs combats ^gale tes lauriers.
Là la France exilée en armes vient se rendre; Là; pour mieux s'élever^ tous sont fiers de descendre. Tous dans un grade obscur n'en ont que plus d'cclat; Tout soldat vaut un cbef, plus d'un chef est soldat. Les d'Hector , les d'Aymar, portent avec courage Le poids du havre-sac et le fardeau de l'âge. Leur zèle a pour la tente oublie leurs vaisseaux; Ils servent sur la terre , ils régnaient sur les eaux ; Là vit le feu sacre, Famour de la patrie , Et de l'antique honnçur la noble idolâtrie.
La France est dans leurs camps. Ainsi, delà les mers, Loin de ce Capitole où se forgeaient leurs fers, Utique rassemblait^ sous les lois d'un seul homme, La fleur de la'patrie et le pur sang de Rome. Angpuléme, Berri , soutiennent leur grand nom. Qu'on ne me vante plus ce triple Ge'rjon , .
Dont trois âmes mouvaient la masse e'pouvantable. J'aime à voir, surpassant les récits de la fable. Un même espoir mouvoir trois héros à la fois : Conde, Bourbon, Enghien, se font d'autresRocrois ; Et, prodigues d'un sang cheVi de la victoire ', Trois générations vont ensemble à la gloire.
Tel l'arbre aux pomnîcs d'or, de la m^e liqueur, Forme le fruit naissant , le fruit mur et la- fleur. Eh ! quels transports nouveaux ! quels momens pleins
[<de charmes !
Quand pa^ut vptrç roi. votre compagnon d'armes ^j
m Sf ALHÉiîft ta pna.
Quand j fort de voire amour ^ paré de son malheur,^ D'un re^rd , d'un sourire , il payait la valeur ; Distribuait ces mots où la bonté respire , Que le cœur seul entend, quele cœur seul inspire! To»t4îotre sang sVraut ; et ce sang glorieux Sollicitait l'honneur de couler sous ses yeux. Hélas! le sort jaloux peut vous être infidèle; Mais il reste une palme et plus rare et plus belle.' è\ Mars dans les combats trahit votre valeui*^ Eh bien! pur la vertu subjuguez le malheur; Kt de tant de revers quand le poids vous opprime, Français , privés detout, gardez, du moins l'eslime. Si tous ne sont pas nés pour combattre en héros^ Tous peuvent j)ar leurs mœurs consacrer leur repos. Supportez vos défauts , entr'aidez vos misères; N'allez pas étaler aux lerres'élrangèrcs Deranimositévlés scandaleux éclats ^ Un ne plaint pas long-temps ôeux qu'on n'eslîme pas. Hélas ! plus d'un Français, dans ces temps d'inforlùne, Sourd aux plaintifs accens de la mère commune, Se montra dès Français l'implacable ennemi.
Tel, ne fut pas ton. cœur , toi . conrageux ami^! De ceux qpe, poursuivait la fortune iiibumainey Toi -que chérit Bellone ainsi que Melpomène , Qui, parant la vertu par d'aimables dehors, Joins la beauté de l'ame à la beauté du corps. Qu'on ne me vante plus le chantre de laThrace, Des tigres^, des lions apprivoisant Tai^dace. Ton art , qi)i dans la Grèce aurait eu des autels, O Marin ! sut dompter des monstres plus cruels, Le désespoir affreux , la hideuse indigence.
Ouede fois, au plaisir mêlant la bienfaisance^
Stérile pour toi seul, ton taleiit^ënrfrcux
Mit don noble salaire )iux mains des malheurouxl
Ainsi, parle concours de brillantes merveilles,
Charmant le cœur, l'esprit, les yeux et les oi'eîll'es,
On te vit tour, à tour vouer à nos malheurs
Ta Ijre et ton épée , et ton sang et tes pleurs.
Le concert de, vertu , de grâce et de génie ,
Ah ! voilà ta plus belle et plus dbuce harmonie :
Tel, beau, jeune et vainqueurjle dieu -de l'Héliobn
Chantait, touchait sa lyre , et combattait Python.
Mais surtout des bienfaits usez avec noblesse : L'honneur est une fleur que peu de chose blessée Gardez-vous d'ajotrter à tant d'autres fléaux Le malheur bien plus gr/iud de mériter vos maux. Armez d'un juste orgueil votre illustre infortune : La Pitié se retire alors qu'on l'importune.
Faites plus : s'il se peut , ne devez rien qu'à vous; Luttez contre le sort ; que d'un regard jaloux , Même au sein du malheur, le luxe vous conteinple : ^Dejà plus d'un banni vous en donne Tcxemple. Combien TËuropea vu d'illustres ouvriers S'exercer avec gloire aux plus humbles métiers ! La beauté, que jadis occupait sa parure , Pour d'autres que pour soi dessine une coîffùi'e : L'une brode des fleurs, l'autre tresse un chapeau j L'une lient la navette , et l'autre le pinceau. Le marquis sémillaht au comptoir est tranquitle ; Plus d'un jeune guerrier tient le rabot d'Emile; Le modeste atelier, au sortir du saint lieu, Reçoit avec respect le ministre de Dieu.
Que dis-je! ce poème, où je peins vos misères, poitlejour à des m&ius noblement merc** '
De son vêtement d'or un Caumont Tembellit ^^, £t de son luxe heureux mon art s'enorgueillit. Tairaî-je ces mortels qui , las d'un long orage | Et de leui' désespoir empruntant leur courage. Bien loin decette Europe en .proie aux factions , Loin des dehris sanglans de tant jie nations , Dans un autre univers portant leur industrie y Ont par un long adieu salue leur patrie ?
Ab ! quand ces malheureux y doublement exilés , Vont chercher un asile en des bords reculés , Sur eux , tendre Pitié, tu veilleras sans doute : Pourvois à leurs besoins et dirige leur route ; Sauve-le» des e'cueils, des flots capricieux; Et j si des bords lointains présentent à leurs yeux Quelqueheuréuxcoin de lerre,oiidcsbois,u)ie source^ Offrent un doux hospice , arrête là leur course. Là y profitant du ciel , du site et des hasards , Qu'instruit parles besoins^ l'homme invente les arts; Que puissent autour d'eux, dans un beau paysage. Les coteaux, les vallons, cl les eaux et l'ombrage. Par quelxpie doux rapport, retracer à leurs yeux De leur séjour natal l'aspect délicieux!
Pour rendre, s'MIsepeulJeurtristecxil moins rude. Que des enfans chéris charment leur solitude; Que leur inère avec eux console leur revers : Avec ce doux cortège il n'est prlus de déserts. Un jour peut-être, un jour, sur ce lointain rivage. Quelque banni viendra , suspendant son voyage , Chercher les pas de l'homme; et de leurs longs travaux Tous deux, en les contant, soulageront les maux. Et,' si c'est un Français, Dieu! quelle doiKc ivresse ! Que de transports de joie et de pleurs d'allégresse •
De récits commeDces, suspendus et repris !
Ah ! si de tels momeos on sent. partout le prix , Combien ils sont plus cfaers si loin de sa patrie ! Telle je nourrissais ma douce rêverie ^^, Lorsque de deux Français le sort miraculeux M'apprend que le destin réalise mes vœux.
Craignant de son pays la discorde fatale | Un Français avait fui de sa terre natale:
II l'aimait ; et cent. fois vers ces climats cWrîs^ £n partant il tourna ses regards attendris.
Mais, pour mieux oublier leur misère profonde j Son eœuri entre eux et lui, mit les gouffres de Tonde» Il partit, il courut , d'un regard curieux.
Reconnaître la terre , e'tudrer les cieux* De nombreux végétaux, dans sa course intrépide^ Avaient déjà grossi son portefeuille avide :
Il observait les vents, interrogeait les mers, Leurs rives , leurs reflux, et leurs courans divers. Tantôt de l'Océan ramené sur la rive , Le mercure captif, à sa vue tfltentive,.
Des monts entre ses mains mesurait la hauteur^ Et des vagues de l'air jugeait la pesanteur ; Tantôt les monumens, les ruines antiques , Les animaux divers , sauvages, domestiques, Les moeurs des nations, leur commerce, leurs lois, De mille objets nouveaux lui présentaient le choix ; Tantôt , quittant la plage et revenant sur l'onde , Sa main ten.iit la montre , et l'aiguille , et la sonde ; Et la nature , et l'homme , et la terre , et 1^^ paux. Variaient ù ses yeux leurs mobiles tableaux.
Enfin il to^iche aux bords où dès peuples s^uvPgfQl]
9/i MALHÈÛft ET PïfïÊ.
De rimmense A'niazone liabitent les rivages : . Magnifique séjour^ où des champs plaà fecbnds f Dcs.fleuvesplus pompeux , de plus superbes nïonts^ Dans toute sa grandeiVr étalent la nature.
Un jour que dans ces lieux il erre à l'aventure ^ Tout à coup à ses yeux , par un heureux hasard ^ Se présente un chemin tracé des mains de l'art. Il avance , étonné , sous des voûtes d'ombrage | Par degrés s'adoucit la nature sauvage ; Déjà même un logis se présente à ses yeux , Qu'environne l'enclos d'un verger spacieux.
Il s'arrête enchanté. Tout h coup^ ô merveille ! Les sons d'un chant français ont frappé. son oreille. Trois fois, plein de surprisé , il écoute, et (roisfois Arrive jusqu'à lui celte touchante voix.
Son cœur bat de plaisir, ses yeux versent deS larmes: Jamais accent humain n'eut pour lui tant de charmes. « Des Français sotitici ! sVcria-t-il soudain ; Je verrai des Français ! » Il dit , suit son chemin ; Il approche , il arrive auprès d'un humble hospice ; Il entre , il aperçoit une blanche génisse; Une femme charmamte , assises ses côtés, Exprimait de son lait. le^ ruisseaux argentés; Avec un air de nymphe , un habitude bergère , ;n maintien distingue sous sa robe légère; Tout J'étonne ; du lis son teint à la fraîcheur , Dû lait quelle exprimai! se^mainsontla blancheur, Tous deux se sont fixés dans nn profond silence i Enfin un double cri des deux côtés s'élance : «Quoi! c'est vous! quoi! c'est vous! viens, accours,
f cher ami, Ce^ HQtre cher Frén^qn, c'est li;i-n>ème| c'esl^ui, vt
itAlËÈGA £ï mit 95.
JLe ienne époux aecourt. Dieux! quels élans 4e joie! Dans leurs embrassemens tout leur cœur se déploie. Les pleurs que tousles deux l'un pqurl'autre ont versés, Et leur bonheur présent y et leurs malheurs passés, Sur ces bords éloignes leur rencontre imprévue , Tout accroît leur transport. Durant ceùe enlrevue Le vieux chien du logis, en des temps plus heureux, Leur compagnon de chasse el témoin de leurs jeux, Par descrisi par desbonds^ marquant son allégresse, Revient de l'un à Taulre, et pleure de tendresse. A peine à l'étranger , défaillant de langueur, Un modeste repas eut rendu sa vigueur , Aux bras de son ami tout à coup ij s'élance ; ,9 Cher ami ^ satisfais à mon impatience \ Conte-moi ton départ , ton exil , ton topheur J Oui, je. veux tout savoir, tout entendre ; mon coeuç Déjà volç au-devant des récits que j'implore. Ah! tpon plus grand bonheur est de le voir encore, Le plus grand de mes maux de douter de ton sort ! -^ Tu veux savoir le mien , ami, je sui^ au port. Vois .ces riches coteaux , cette belle campagne , Ce finit de nos amours , ma fidèle compagne ; Le hasard fortuné ^ui t'amène en ces .lieux ! Cher arajy pu js-je. assez remercier les dieux ? Maisypuisque sur mon sort, sur tout ce qui joie touche. Tu veux que l'amitié s'cxplipue par ma bouche. Je racouterai tout. Quand la niort, (a terreur, Eurent changé ia France en théâtic d'horreur, Ces spectacles sanglans fatiguèrent mon ame.
Avec peine échappé de ce séjour infâme , Je partis. Ces beauic lieux, empire du solèi) , Ce« moot^ Biajestueu^i cç f\el pur ^ veroiçUi
Ô6 M ALËËÛil Et MtlÈ*
Ces fleuves, h grand bruit précipitant leurs ondes / Le sol luxuriant de ces plaines fécondes.
Dès long-temps m'enflammaient du dësir curieux De voir, de parcourir, d'interroger ces lieux* Un vaisseau m-apporla sur cet heureux rivage j L'accueil hospitalier d'un simple et bon sauv^ige Releva mon espoir ; et, tandis qu'a Paris Des brigands polices de'voraient mes débris, L'ignorante bonté vint soulager mes peines.
Cependant je voulus, dans ces fertiles plaines ^ Comme aux champs paternels fortune^ possesseur, De la propfÎQlé connaître la douceur.
Le fameux Robinson revint à ma mémoire; Son roman fut mon sort , sa fable est mon histoire : Que ne peut en effet le travail excite Par l'aiguillon pressant de la nécessité! Des instrumens des arts j'étudiai l'usage; Moi-même par degrés j'en fis Taprentissage ; Je plantai mon jardin , je bâtis ma maison ; Des moissons. , des labours , je connus Ja saison , L'air libre du vallon , l'abri de la montagne , M'offrirent vingt climats dans la m$me campagne. Des plantes avec nous avaient passe le^ mers; Ce sol connut les fruits de deux mondes divers , Le nectar de Bordeaux, la figue de Provence; Et dans un sol étroit je par<îourais la France. Trop faible illusion ! A mes cbauips paternels, Hclas ! aurais-je fait des adieux éternels ?
Mais enfin daus ces bois les passions se taisent : De nos troubles passés les tumultes s'apaisent. Le travail en ces lieux eat mon premier trésor i
L0« ^lniiiri du trariil mRac[9aieiit à rflye d'pri
MALBÊÛft ET MTIÉ. Ô7
J'en naid Toisivele, j'en aime l'innoceriCê.
Tout seconde mes soins j des troubles de la Francq Victime ainsi que nous^ ce bon vieux âcrvitenr, Laboureur comme moi , comme moi constructeur^ N'a connu qu'en ces lieux l'rgalite première. Nous sommes journaliers; mon épouse est i«rniière. Le laitage du soir et celui du matin Nous paraissent plus doux presente's par sa main. Les vrais plaisirs sont ceux que l'on doità soi-même; Et les fruits les plus doux sontlesfruitsquei'oo^ème^ Quelquefois, revenus à nos premiers plaisirs , Des arts plus ëleVàns amusent nos loisirs.
Le dieu, maçon dans Troie, et beîger chez Admèle^ Ne tenait pas toujours l'ëquerre-et la^houlelte : Souvent dans son exil , comme ausëjour desdieux^ Ses doigts divins touchaient son luth mélodieux. Nous avons itnitë cet exile céleste :
Les arts charment souventnotre labeur agreste; La harpe , les crajons reviennent , chaque «oir, Remplacer le marteau , la bêche et l'arrosoir ; Et notre douce vie , eu dëlices fëoonde , ^ [de. At],x goûts des temps polisjoint^ceux du premier ipon- Tei est mon sort. Uil bien manquait à mes dësirs : Viens , en les partageant , achever mes plaisirs. Qu'une seconde fois lé bonheur nous rassemble ; Nous Viécdmes heure ux^eh bien! mourons ensemble.^
Comme il disait ces mots, ce sauvage ingénu Qiie par des bienfaits seuls son hôte avait connu • Avee un air mêlé dç candeur et d'audace ; Entre^ teoAnt 90 main 1^9 tribut» de sa chasse ; Il IfsjeHei et repart : « Cher ami ^ iurle vois |
La boDté sîniple et îranclie habite dans ces bois* Ohl ce n'est qu'à Paris que sont les yrâis sauvages! Consens donc d'être heureux sur cesheureux rivages. »
II dit : sa £emine en pleurs seconde ce discours :. Tous trois dans ces beaux lieux coulent encor leurs
[jours; Et des arts et des.chaniips l'a^reable culture ' Four eux d'un double charme embellit la nature. Et vous! qu'un faible espoir Veliehl près du séjour Où vivaient nos aïeux ^ où nos vîmes le jbur, * Je retourne ijjrs vous. Que votre impatience I$'af(ronle pas encor le chaos de la France t Vous co.nfier trop tql â ce ciel orageux , Ne serait qu'imprudent, et non pas courageux. Un démon désastreux plane encor sur vos têtes. Attendez que les dieux àiéht calmé les tempêtes; Alors vous reverrez l'asile paternel;' Mais ce bienfait encor cache un piège cruel. . Tel que le basîîîc, de sa prunelle ardente, Fixe f attire, et saisit sa proie obéissante, De mon triste pays le prestige assassin, ' Pour dévorer ses Ois, les appelle en son sein ; Ou, telle que Charjbde , en ses grottes profondes, Engloutit tour à tour et rechasse les ondes, . La l'rance impitoyable , en ses horribles flancs^ Attire , !our à tour , et vomft ses enfans. ' *" Çb' comptez-vous pour rien ce que la gloire ordonne? L'honneur est-il in uet? Ah! sansdbule On pardonne Au besoin affamé, qui, parmi les tombeaux.
S'en va,pâle et ^emblant,sàisir quelques lambeaux* Mais loin ces vils mortels qui, parlaàt de courage;
MALÉM^Tmiè. S9
Vont; leâ^niaios pleines d'ôr,, mendier Vesclavage^ El, veulpnt.fecueilh'r, di^ns leur lâche bonheur ; Les profits de la honte et le prix de rbonneur !
^i^3Î^ jetç moi-même aux rives étrangères ^^, 3e chantais la Pitié ^ je peignais nos misères. Souris à mes accens , ô prince généreux , A qui^je dus ma gloire en des temps plus heureux ! Toi, Tame (Je mes chants , mon appui tutélaire , Qu'adore" le Français et que l'Anglais révère; /Toif dont le coeur lojal , à nos yeux attendris jFait briller un rajon du plus granîi^des Henrîs ; Qui y sur de notre amour, a conquis notre estime : Grand prince^ teiidre ^nii ^ chevalier magnanime . Modèle de la grâce ; exemple de l'honneur !
Tu l'en souviens peul-èlre:aux jours démon bonheur^ Je chantantes bienfaits; ^l quandlatjrannic Nqus faisait de son joug subir l'ignominie , J.'ça atteste le ciel , dans ces momens d'effroi , Je m'publiais moi-même , et volais près de toi. Oui: d'autres lieux en vain bénissaient ta présence , Le doux restau venir ne connaît point l*absence. Au milieu 4e l'exil et de l'adversité , Toujours tu fus présent à ma fidélité.
Ainsi l'adora teur du grand astre du monde , Quand le ciel s'obscurcit, quand la teilipéte gronde, Par la pensée encqre accompagne son cours , Le suit sous son nuage , et l'adore toujours.
Mais que dis-je? au milieu des malheurs de l'empire , Un rajon de bonheur vient du moins te sourire. Par If s DQpud» de Th^mep ton çeil vçit réunis