CHANT TROISIÈME
(I) Toat le monde coniiaîtle mot féi'oce de Damas, président du tribunal révolutionnaire , qui, interrogeant une femme plus que sexagénaire-, et ne pouvant en obtenir de réponse à cause de sa surdité , dit au greffier : « Ecrivez qu*elle a conspiré sourdement» » On se rappelle aussi la lâcheté de son confrère Coffinbal , qui , après avoir prononcé la sentence de mort d'un maître en fait d*armes, lui dit : « Pare cette botte-là, si tu peux. ;>
. (2) Après le siège de Toulon , un grand nombre çle citoyens de cette ville ftirent réunis sur une place , on les ordres étaient donnés de tirer sur eux à mitraille. Le représentant qui assistait à cette terrible exécution se promena froidement sur le champ'^e mort ; et , s'étant aperçu que quelques-unes des victimes avaient échappé à la mitraille, il s'écria tout haut : « Que ceux qui ne sont pas morts se relèvent , la république leur pardonne. » Quelques-uns de ces malheureux se relevèrent en effet , et Tordre fut sur-lechamp donné de les fusiller. La circonstance de ce massacre qui est ta moins connue est peut-être celle qni^mérite davantage de l'être, c'est que l'artillerie qui tni l'instrument de ces atrocités était commandée par Bonaparte, alors chef de batailjon.
(3) Parmi des traits sans nombre de générosité, on peut citer celui de Loiserolles , qui mourut volontairement pour son fils , condamné par le tribunal révolutionnaire de Paris ; et celui de mademoiselle de Maillé , qui s'immola pour sa belle-sœur.
(4") Mademoiselle de Sombreuil se précipita au travers des bourreaux pour sauver son père. Cet héroïsme de la piété filiale désarma les assassins , et M. de Sombreuil fut reconduit par eux en triomphe. Mademoiselle Çazotte parvint aussi à sauver son pèr6, vieillard octogénaire; mais M. Cazotte fut ensuite reconduit en prison , et la justice de ce temps-là fut moins compa^sçante ^ue Içs assa^i^^ ^es prisons ; \\ pcpit §ur rcchafautl|