‹ MalthusChapitre 21 sur 89 · POPULATION, ET DE LEUR MANIÈRE D^GIR · texte numérisé non relu

POPULATION, ET DE LEUR MANIÈRE D^GIR

On peut conclare de ce qui précède, qu'en dernier résultai le grand obstacle à la population est le manque de nourriture, provenant de la différence des rapports que suivent ces deux quantités dans leurs accroissements respectifs. Mais ce grand et dernier obstacle, auquel les autres viennent aboutir, n'agit d*une manière immédiate que dans le cas où la famine exerce ses ravages.

Les obstacles immédiats se composent de toutes les coutumes et de toutes les maladies que peut faire naître la rareté des moyens de subsistance ; en y joignant toutes les causes physiques et morales, indépendantes de cette rareté, qui tendent à enlever la vie d*une manière prématurée.

Ces obstacles à la population, qui agissent constamment, avec plus ou moins de force, dans toutes les sociétés humaines, et qui y maintiennent le nombre des individus au niveau de leurs moyens de subsistance, peuvent être rangés sous deux chefs. Les uns agissent en prévenant Paccroissemeut de la population, et les autres en la détruisant à mesure qu'elle se forme. La somme des premiers compose ce qu'on peut appeler V obstacle privatif; celle des seconds, Y obstacle destructif.

il ne se ftt aucune immigration d'Europe ; qu'aucun étrauger ne vint s'y établir (i). Pré8ume-t-on que les Ëlats-Unis cessassent d'avoir une population progressive? Accordons que cette progression serait moins rapide que notre auteur me la suppose. Mais manque-t-on (dans les temps anciens et modernes) d'exemples de populations progressives? M. Godwin lui-même a conclu des tables suédoises que le nombre des habitants de la Suède double en cent ans.

Substituons donc la Suède à TÂroérique, et le nombre cent au nombre vingtcinq : les raisonnements portant sur cette nouvelle base n'en seront pas moins concluants. Les maux qu'il s'agit de prévenir seront moins menaçants, moins imnnnents ; mais ils ne seront pas moins réels. [Note des traducteurs.)

(I) Nous dooooni « la fia de l'ouvrage, à l'occasion d'une note finale des traducteurs, la marché de la population américaine ; rappelons seulement que les chilTres recueillis prouvent que la population a doublé en moios de viu^t-cinq ans, et que J. B. Say montre, par un raisonnement très-simple (6« partie de son Coure) ^ que la population pouf rail tripler en vin^t-six ans. Voici le résumé de son raisonnement : l'homme peut reproduire à seize ans, mettons vingt ans; et la femme jusqu'à quarante-cinq, mettons quarante : un couple peut donc être apte à la reproduction de son espèce pendant vingt ans au moins. Déduisex, si vous voulef, la moitié de ce temps pour rallaileineat et tous les accidents possibles : vous trouvères encore que chaque mariage peut -donner dix enfants. Mettez-en seulement six, soit trois couples nouveaux qui, aa boat de vingt ans, peupleront de la môme manière que le premier couple, en supposant qu'il soit nalura/ qu'environ la moitié des humains périssent avant cet ége, oomme Cflaaiieu maintenant.

[Jph. G.)

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