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CONSÉQUENCES GÉNÉRALES

point Taccroissement trop rapide de la population a été cause de ces calamités. Les causes de la plupart des maladies qui nous assiègent sont le plus souvent si cachées à nos yeux, et probablement si diverses, qu*il y aurait de la témérité à prétendre les rapporter toutes à une même origine. Mais il n'y en a pas peut-êlre à affirmer qu'il faut mettre au nombre de ces causes renlassement des hommes dans leurs habitations, et une nourriture mauvaise ou insuffisante. Or, ces causes-là sont l'efifet naturel d'un accroissement de population plus rapide que celui des logements et des subsistances.

L'histoire de presque toutes les épidémies confirme bien cette opinion, car on y voit que c*est en général parmi les classes inférieures du peuple qu'elles exercent leurs ravages. Les tables de Short font souvent mention de cette circonstance (1). On y voit aussi qu'un trèsgrand nombre d'années d'épidémies suivirent ou accompagnèrent les époques de disette et de mauvaise nourriture (2). Et l'auteur, en parlant des différentes espèces de maladies, observe que celles qui sont occasionnées par une nourriture mauvaise et malsaine sont généralement aussi celles qui durent le plus (3).

Une expérience constante nous fait voir que les fièvres s'engendrent dans les prisons, dans les fabriques, dans les nombreux ateliers, dans les rues étroites des grandes villes; situations qui paraissent toutes avoir en commun les effets de l'extrême pauvreté. On ne peut s'empêcher d'attribuer à de telles causes les retours, autrefois si fréquents, de la peste et d'autres maladies contagieuses dans toute TEurope. Et si ces maladies y sont devenues fort rares, ou même ont totalement disparu, on doit Fattribuer sans doute à l'amélioration qui s'est opérée dans le genre de vie.

Gomme l'accroissement de la population est graduel, et que l'homme ne peut pas vivre, même pendant un temps très-court, sans manger, le principe de population ne peut pas produire directement la famine, mais il la prépare, en forçant les classes pauvres à se contenter de l'étroit nécessaire ; dès lors, il suffit d'une mauvaise récolte pour les réduire à l'extrémité. Le docteur Short met au nombre des pronostics de la disette une ou plusieurs années d'abondance (4). En effet, 1 abondance, en favorisant les mariages, amène un état de population excédante, auquel une année commune ne suffit plus.

La petite vérole, qui peut être envisagée comme l'épidémie la plus

(1) Hist. o/cUr, seasons^ vol. II, p. 206 et suiy. — (2) Ibid., et p. 336. (3) Ibid,, p. 108. — (4) Ibid.y p. 367.

- iiérale cl b plus deslruclive de celles qui affligent l'Europe de uos jours» est peut-être une des plus inexplicables, quoiqu'elle ait en quelques endroits des retours périodiques réguliers (f). Le docteur Short observe qu'en étudiant Thistoire de cette maladie on voit qu'elle dépend peu de Télat de l'atmosphère et des saisons bonnes ou mauvaises ; qu'on la voit reparaître, sous forme d'épidémie, à toute époque de l'année, et en toute espèce de constitution de Pair, quoiqu'à la vérité plus rarement par un très-grand froid. On n'a, je crois, aucun exemple bien constaté, qui prouve que cette maladie s'engendre indifféremment chez les personnes de tout élat. Je n'entends pas insinuer par cette remarque, que jamais la petite vérole n'ait été engendrée spontanément par la misère et l'entassement dans les habitations; mais je crois pouvoir faire observer, que dans les endroits où le retour de c^lte maladie a lieu à des intervalles périodiques et réguliers, et où elle exerce de grands ravages parmi les enfants, surtout parmi ceux du peuple, on peut être assuré que la misère et l'entassement dans les habitations précèdent et accompagnent son apparition ; c'est-à-dire, qu'à compter de la dernière époque où la maladie a visité le pays, le nombre moyen des cnfanls s'est accru : en conséquence, les habitante sont devenus plus pauvres, leurs habitations plus remplies, jusqu'à ce qu'une nouvelle visite du fléau soit venue enlever cette population excédante.

Dans tous ces cas, quelque peu de force que nous accordions au principe de population pour produire immédiatement les maladies, nous ne pouvons nous dispenser de reconnaître Tinfluence qu'il a pour disposer à recevoir la contagion, ainsi que pour répandre le mal et l'aggraver.

Le docteur Short observe qu'une épidémie mortelle est généralement suivie d'une période de grande salubrité; ce qu'il attribue a ce que la maladie a emporté tous les hommes d'une constitution délicate (2). Il est probable qu'à cette cause s'en joint une autre. Il y a plus de place et plus d'aliments pour ceux qui restent; et en conséquence l'état des classes inférieures s'améliore. Le même auteur dit encore, qu'on voit quelquefois une année très-féconde suivie d'une année très-malsaine et d'une grande mortalité; et réciproquement, une année de grande mortalité suivie d'une année très-féconde; comme si la nature cherchait à prévenir ou à réparer ses pertes. En général, l'année qui suit celles qui ont été malsaines et mortelles est féconde, en proportion du nombre de personnes prêtes à fonder de nouvelles familles qui ont survécu à la mauvaise année (3).

(1) Hht. ofalr.seasom, vol. II, p. 411 .—(2) /Wd., p.5i4.— (3) New Obs., p. 191 .

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