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SYSTÈME COMMERCIAL

industrie d*une manière plus productive et d'augmenter son fonds plus rapidement. Mais si la lenteur de ses voisins à fabriquer, ou toute autre cause, oppose un grand obstacle a l'importation des ouvrages faits, ou même Farréte totalement, un pays pourvu de nourriture et de matières premières ne peut être bien longtemps en peine. Pendant un temps, il est vrai, il ne sera pas bien pourvu du produit des fabriques, mais il s'élèvera bientôt des manufacturiers et des artisans qui acquerront peu à peu une habileté passable (1 ). Dans ces circonstances, à la vérité, le capital croîtra moins rapidement, mais il pourrait croître encore beaucoup et pendant un temps auquel on ne peut point assigner de bornes.

Au contraire, si la nourriture et les matières brutes étaient refusées à une nation manufacturière , il est évident qu'elle ne pourrait pas exister. Mais, outre que, dans celte supposition extrême, Texistence au sens absolu dépend pour cette nation de son commerce étranger, il faut observer de plus que ses progrès dans la richesse sont presque entièrement mesurés par ceux que fait la demande des contrées qui commercent avec elle. Quelque habile , active et économe que puisse être une telle nation, si ses pratiques, par indolence ou faute d'accumulation, ne voulaient ou ne pouvaient point lui acheter une valeur annuelle croissante des marchandises qu elle produit, les effets de son habileté dans Tinvention et la construction des machines ne seraient pas de longue durée.

Sans doute le bas prix des marchandises manufacturées, qui est dû à rhabileté des ouvriers et à la perfection des machines dans un certain pays, est fait pour encourager Taccroissement du produit brut chez les autres ; c'est ce dont personne ne peut douter. Mais en même temps nous savons que des produits élevés peuvent se soutenir pendant un long espace de temps dans un Etat mal gouverné et livré à l'indolence, sans y produire aucun accroissement de richesse. Or, si un accroissement de richesse et de demande n'a pas lieu chez les nations environnantes, l'augmentation de travail et d'habileté d'un Etat manufacturier et commerçant serait en pure perte à cause de la baisse continuelle des prix. Non-seulement cet Etat se verrait obligé, à mesure que croîtrait son habileté et son capital, de donner une plus grande quantité du produit de ses manufactures pour le produit brut qu'on lui offre en échange, mais il pourrait être dans l'impossibilité, même avec Tattrait d'une réduction sur les prix, d'engager ses pratiques à faire des achats qui le missent en état d'accroître son importation de nourriture et de matières

(1) Cesl ce dont rÂmérique offre eu ce moment l'exemple (i816). (if.)

brutes ; or, sans un tel accroissement dMmportation, il est manifeste que la population doit demeurer stationnaire.

Que Fimpossibilité d* obtenir une quantité croissante de nourriture provienne de la hausse du prix monétaire du blé ou de la baisse du prix monétaire des ouvrages faits, il n*y a pas de différence quant à l'effet. Du reste, elle peut avoir lieu de Tune et Tautre manière (par la concurrence et l'accumulation chez la nation manufacturière, et par le manque de ces deux ressorts chez la nation agricole) longtemps avant qn on ait rencontré aucune difficulté essentielle dans la production du blé.

Quatrièmement. Une nation qui est obligée d'acheter des autres la presque totalité de ses matières brutes et de ses moyens de subsistance non-seulement dépend entièranent des demandes de ses pratiques, selon qu'elles se livrent au travail ou à Tindolence, ou même selon leurs caprices, mais est encore assujettie à une diminution de demande nécessaire, inévitable, dans le progrès de ces nations en habileté et en capital, jusqu'au point auquel on peut raisonnablement supposer qu'elles pourront s'élever pendant un certain espace de temps. En général, la division du travail qui constitue un peuple manufacturier et voiturier pour le service des autres n'est pas naturelle et permanente, mais accidentelle et temporaire. Tant que , chez les nations qui abondent en terres, les profits de Tagriculture se soutiennent à un prix élevé, il peut fort bien leur convenir d'en payer d'autres pour fabriquer et voiturer pour elles. Mais quand les profits de la terre tombent, ou que les termes auxquels on peut donner la terre à cultiver n'encouragent plus à placer ainsi le capital que Ton accumule , ceux qui possèdent ce capital se tournent naturellement vers d'autres emplois qui leur sont offerts par le commerce et les manufactures ; et (conformément au juste raisonnement d'Adam Smith et des économistes) trouvant près d'eux les matières premières des manufactures, les moyens de subsistance et la faculté de suivre directement leur commerce au dehors, ils pourront probablement fabriquer et voiturer pour leur propre compte à moindres frais que s'ils continuaient délivrer ce travail aux mains des étrangers. Tant que les nations agricoles continuaient d'appliquer leur capital croissant principalement à la terre, cet accroissement de richesse était <iu plus grand avantage aux nations manufacturières et commerçantes. C'était véritablement la cause la plus active et le régulateur le plus efficace de leurs progrès en richesse et en population. Mais dès que les agriculteurs ont tourné leur attention sur les manufactures et le commerce, l'accroissement de leur capital est un signal de décadence et de

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