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SYSTÈME COMMERCIAL

destruction pour les manufactures et le commerce étrangers qu*elles alimentaient auparavant. C*est ainsi que, par le progrès naturel de la richesse des nations, et sans aucune concurrence d'habileté et de capitaux supérieurs, un Etat purement commerçant doit être supplanté par des Tendeurs à bas prix, et finalement exclu de ses marchés habituels par ceux qui jouissent de l'ayantage de vivre de la terre qu'ils possèdent.

Dans la distribution de la richesse pendant le progrès de l'amélioration, les intérêts d'un État indépendant sont essentiellement différents de ceux d'une province. C'est un point auquel ou n*a pas fait assez d'attention. Si le capital agricole croit en Sussex, et que les profits du capital y diminuent , les fonds surabondants passeront à Londres , à Manchester, à Liverpool, ou dans quelque autre lieu, où ils trouveront probablement un emploi plus avantageux que dans la province qui les a produits. Mais si Sussex était un royaume indépendant, cela ne pourrait pas avoir lieu ; le blé que, dans Tétat actuel, on envoie à Londres, serait enlevé pour nourrir les fabricants et commerçants du territoire. Ainsi, en supposant que TAngleterre eût continué d'être divisée dans les sept royaumes de l'Heptarchie, Londres n*aurait pas pu être ce qu'il est. La distribution de richesse et de population actuelle, que nous pouvons présumer avantageuse au royaume en totalité, aurait été essentiellement différente si Ton avait eu en vue d'accumuler la plus grande masse de richesse et de population dans certains districts particuliers, au lieu de la répandre dans tonte Ttle. Mais, dans tous les temps, c'est l'intérêt de chaque Etat indépendant d'accumuler dans ses limites le plus de richesse qu'il rintérèl d'un Etat indépendant, fait le commerce, peut rarement ê vince pour l'empire auquel elle a| qui, dans l'un des cas, arrêterait I dans l'autre, parfaitement libre.

Si, par l'influence d'une ou plui mérées, l'importation du blé dan çant éprouvait de graves obstaclef moins elle ne pût recevoir aucune population de ce pays serait retar

Venise présente un exemple fr ^ ^ tout à coup dans son progrès en richesse et en population par la concurrence étrangère. La découverte faite par les Portugais d'un passage aux Indes par le cap de Bonne-Espérance changea complètement la

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route du commerce de Tlude. Non-seulement les hauts profits des Vénitiens, qui avaient été le fondement de leur richesse croissante et de leur prépondérance extraordinaire comme puissance navale et commerciale, furent subitement réduits ; mais le commerce même» qui avait donné ces hauts profits, fut presque anéanti ; le pouvoir et la richesse des Vénitiens se resserrèrent bientôt dans les limites que leur assignaient leurs ressources naturelles.

Au milieu du quinzième siècle, Bruges en Flandre était le grand entrepôt du commerce entre le nord et le midi de l'Europe. Dès les premières années du seizième siècle, le commerce de cette ville commença à décliner par la concurrence d* Anvers. En conséquence, plusieurs marchands anglais ou d'autres nations étrangères la quittèrent pour aller s'établir dans celle dont le commerce et la richesse croissaient rapidement. C'est à peu près au milieu du seizième siècle qu'Anvers atteignit le zénith de sa puissance. Elle contenait plus de 100,000 habitants; elle était reconnue universellement comme la plus illustre des villes marchandes, et comme l'emportant, par l'étendue et la richesse de son commerce, sur toutes celles du nord de TEurope.

La grandeur naissante d'Amsterdam fut favorisée parle triste événement du siège et de la prise d'Anvers par le duc de Parme; et la concurrence de l'extraordinaire industrie et des eiforts persévérants des Hollandais non-seulement empêchèrent Anvers de recouvrer son commerce, mais portèrent un coup fatal au commerce étranger de presque toutes les autres villes hanséatiques.

Le décUn subséquent du commerce d'Amsterdam même fut causé en partie par la baisse des profits qu'amenèrent la concurrence intérieure et l'abondance des capitaux; en partie par les taxes excessives qui élevèrent le prix des objets de première nécessité ; mais plus encore peutêtre par les progrès de quelques autres nations qui, jouissant à un plus haut degré des avantages naturels, étaient en état, même avec moins d'habileté, d'activité et de capital, de faire avec bénéfice une grande partie du commerce dont jusque-là les Hollandais étaient exclusivement en possession.

Dès 1669 et 1670, quand le chevalier W. Temple était en Hollande, les effets de l'abondance des capitaux et de la concurrence intérieure étaient tels, que dans la plupart des commerces étrangers, à l'exception de celui de l'Inde, on éprouvait des pertes, et qu'aucun ne donnait des profits qui allassent au delà de deux ou trois pour cent (1). Dans un

(1) Templé's worhs^ vol. I, p. 69, fol.

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pareil état de choses, le pouvoir et la volonté d'épargner doivent beaucoup diminuer. L'accumulation du capital doit avoir été stationnaire ou ré- . trograde, tout au plus très-lentement progressive. Au fait, sir William Temple dit que, selon son opinion, le commerce de la Hollande avait depuis quelques années dépassé son méridien, et commençait sensiblement à déchoir (1). Dans la suite, quand les progrès des autres nations devinrent encore plus marqués, il parut, par des documents indubitables, que la plupart des commerces de la Hollande, ainsi que de ses pêcheries, étaient décidément tombés, et qQ*aucune branche de son premier commerce n'avait conservé son ancienne vigueur, à Pexception decelui d'Amérique et d'Afrique, et de celui du Rhin et de la Meuse, qui sont indépendants du commerce étranger et de la concurrence.

En 1669, la population totale de la Hollande et de la Frise occiden < taie était estimée par Jean de Wit à 2,400,000 âmes (2). En 1778, la population des sept Provinces-Unies n'était estimée qu'à 2,000,000 (3); en sorte que, dans le cours de plus d'un siècle, la population, au lieu de croître, comme il arrive ordinairement, avait beaucoup décru.

Dans tous ces cas relatifs à des pays commerciaux, le progrès de la richesse et de la population semble avoir été arrêté par une ou plusieurs des causes ci-dessus mentionnées , qui doivent nécessairement affecter plus ou moins le pouvoir de commander des moyens de subsistance.

On peut observer d'une manière générale que si, par une ou plusieurs causes quelconques, les fonds destinés dans un pays à y maintenir le travail cessent d'être dans un état progressif, la demande du travail cessera aussi d'être progressive ; et les salaires seront réduits à la somme qui, au prix des vivres et d'après les habitudes du peuple, suffisent et ne font rigoureusement que suffire à maintenir la population à l'étal stationnaire. Un peuple placé dans de telles circonstances est dans l'impossibilité morale de s'accroître, quelle que soit l'abondance du blé et quelque élevés que puissent être en d'autres contrées les profits des fonds (4). Il peut, à la vérité, à quelque époque subséquente

(i) Temples toorhs^ p. 61.

(2) Intérêts de la Hollande, vol. I, p. 9. yéngL

(3) Richesse de la Hollande^ toU II, p. 549.

(4) Daos le nombre des causes de la décadeoce du eommerce hollandais , sir W. Temple met en ligne de compte le bas prix du blé qui , ajoule-t-il « a eu lieu généralement dans ces parties de l'Europe pendant les douze dernières années. > (Vol. 1, p. 69.) Ces bas prix, dit-il, ont empêché le débit des épiceries et des aulres

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et à la faveur de circonstances nouvelles, commencer de nouveau à s'accroître. Si, par quelque heureuse invention mécanique, par la découverte d'une nouvelle brancbe de commerce, ou par un accroissement inaccou tu mé de richesse et dépopulation agricole chez les nations environnantes, ses articles cf exportation, de quelque genre quils puissent être, devenaient Tobjet d'une demande extraordinaire, il pourrait de nouveau importer une quantité croissante de blé, et croître de nouveau en population. Mais aussi longtemps qu'il est hors d'état d'ajouter chaque année quelque chose à ses importations d*aliments, il est de toute évidence quMl ne peut fournir aux besoins d'une population croissante. Or, il éprouvera nécessairement cette incapacité d'importation lorsque, par suite de Fétat où sont réduites ses liaisons mercantiles, les fonds destinés à maintenir le travail deviennent stationnaires, ou commencent à décliner.

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