NÉCESSITÉ DES PBINCIPES GÉNÉRAUX
lier. Viducaiion est un de ces biens que tout le monde peut partager, non-seulement sans rien hfre perdre aux autres, mais même en leur procorant de nouveaux moyens d*avanceinent. Je suppose qu'un homme« en vertu de la bonne éducation qu'ii a reçue, ait contracté cette espèce de noble orgueil, cette manière de penser juste et honnête, qui Tempâche de charger la société du fardeau d'une famille lorsqu'il se sent privé des moyens de Tentrelenir : sa conduite servira d'exemple à ses compagnons de travail, et contribuera, autant que peut le (aire un modèle individuel, à améliorer leur état. Une conduite contraire, suggérée par la mauvaise éducation et Tignorance, tendrait évidemment a Tempirer.
Je ne puis m'empécher de croire, en outre, que Ion pourrait contribuer à améliorer Tétat des pauvres par une réforme dans rétablissement des cabanes ou cottages. Il serait à désirer que ces cabanes ne fussent point assez grandes pour y loger deux familles, et qu'il n'y en eût'pas plus que ne comporte la demande de t)ra8 ou de travail. On des obstacles lés plus salutaires et les moins pernicieux à la précocité des mariages en Angleterre est la difficulté de se procurer une cabane ou cottage, ainsi que les habitudes louables qui engagent un ouvrier à s'abstenir quelques années du mariage, et à attendre qu'une place viennu à vaquer, plutôt que de se contenter d'une misérable cabane de boue, comme font les Irlandais (1 ).
Il n'y aurait même aucune objection à élever contre le système de la distribution des vaches, si on le suivait dans un plan fort restreint. Lorsqu'on en fart un établissement qui doit remplacer celui de la taxe sur les pauvres , lorsqu'on veut que chaque ouvrier ait droit de se foire donner du terrain et des vaches en proportion de l'étendue de sa famille, ou lorsqu'on v^ut employer ce système à détourner le peuple; de se nourrir de froment, et l'engager à substituer à cet aliment le lait et les pommes de terre, je crois un tel plan contraire au but pour lequel on prétend l'établir. Mais si cette institution était uniquement destinée a procurer une situation agréable aux ouvriers les plus estimables et les plus laborieux, et à satisfaire eu même temps à un des plus pressaiiis
\i) Souvent peuUêlre la crainte qu'a la paroisse de voir augmenter le nomtre de ses pauvres oe laisse pas Touvrier libre dans son choix à Tégurd de l'habitation. Les lois anglaises sur tes pauvres agissent de plusieurs manières pour contre Imlancer la tendance qu'elles ont évidemment à accroître la population. L>a circonstance dODtje parte euoffre uu exemple. C'est par ces causes réprimantes sans doute, que ce système 8*est si longtemps maintenu, et que le son du pau\re en a Tuoins souffert qu'on n*aurait nalurellemenl dû s'y aU^'ndre. (JK.)
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nous devons avoir en vue est de diminuer la mortalité à tout ftge. 11 aet impossible d'obtenir cette fin sans augmenter la population, en faisant parvenir jusqu*à Tâge d*bomme des enfants qui n'y seraient point parvenus. Mais il n*eh résultera aucun inconvénient si en même temps nous imprimons profondément dans la lêle de ces enfonts celte règle de conduite que : pour jouir des mêmes avantages dont leurs parents ont joui, ils doivent eux-mêmes différer de se marier jusqu'à Fépoque 011 ils auront une légitime espérance de pouvoir nourrir leur famille. Et si nous ne pouvons réussir à cet égard, il faut avouer franchement que tous les efforts que nous pourrons faire d'ailleurs seront en pure perte. Il n>st pas dans la nature des choses que Télat des pauvres s'améliore d'une manière générale et permanente, si j'obstacle privatif, destiné à prévenir Taccroissémenl de la population, n'acquiert qne influence^ plus considérable qu'auparavant. Si cet obstacle n'agit point avec plus de force, tout ce que nous ferons en faveur des pauvres, avec ou sans efforts généreux, ne pourra jadnais leurprocurer qu'un soulagement parliel et momentané. Une diminution de mortalité dans le moment actuel pera compensée par une augmentation de mortalité à quel- «|ue époque future. L'amélioration du sort des pauvres en un lieu fera empirer profïortionnellemenl le sort des pauvres en quelque autre lieu. C'est là une vérité si importanle et si mal comprise, qu'on ne peut trop y insister.
' LedocteurPaley,danslecbapitredesaPfct7o<opftt>f}toraI«oùiltraite de la population et des subsistances, dit que la condition la plus favorable à la population d'un pays, et en même temps à son bonheur, est «qu'un peuple frugal et laborieux emploie son activité à satisfaire aux demandes d'une nation riche et adonnée au luxe (1 ). r^ Un tel état de société n'a, il faut l'avouer, rien de bien attrayant. La nécessité absolue d'un tel ordre de choses, s'il fallait l'admettre, serait seule capable de nous le faire supporter. Dix millions d'hommes condamnés à un travail sans relâche, à la privation de toutes les jouissances au delà de l'étroit
(1) Vol. 11, p. 359 {AngL), Un passage de la Théologie naturelle, publiée plus récemmenl par ce même auleur, me semble indiquer que des réflexions suttséquentes Ton t engagé à modiûer ^es premières idées sur la popolatioD. Il y fait remarquer fort ^-propos, p. 539, que partout Tesp^ humaine multiplie jusqu'à ce quelle arrive à un certain dt^gré de détresse. Dèsqu^on pose ce principe, il parait évident que le pnys le plus heureux est celui pour lequel ce degré de détresse est le moins considérable. Si donc le luxe , en se répandant ei liàtanl PactioD de Tolislacle, produit quelque diminution dans le degré de la détresse, le luxe scas ce rapport est une chose niile. (M,)