SCÈNE IX
ISABELLE, GEORGES
GEORGES. — Qu'est-ce qui te prend? Mais réponds, qu'est-ce qui t'a pris?
ISABELLE. — Je ne sais pas... Je te demande paj-don.
GEORGES. — De ce train, tu finiras par être la cause même du malheur que tu redoutes!... Il faudrait bien savoir véritablement, ma chère amie, puisque vous imposez à cette enfant de vivre entre nous, ce que vou-s voulez au juste. Avant vos remèdes, il n'y avait rien à craindre, mais maintenant, il y a tout à craindre ! Si c'est ainsi que vous comptez la. traiter!... Mais, au nom du ciel, quel accès t'a pris? réponds?...
ISABELLE. — Je ne sais pas... un coup de folie, tu as raison, un besoin irrésistible que j'ai eu, tout à coup, de t'embrasser, un besoin de tes lèvres, juste à oe moment... Je ne m'explique pas. C'a, été plus fort que moi...
GEORGES. — Depuis deux mois, j'ai accepté
L'Enclh'antement
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la situation, complète, intégrale... à tant faire, je me suis payo Ife bloc, y comprie les bons saa'casmes dont tu m'abreuves!... Ils fai- Baient partie de mes prévisions et la joie de ma mathématique!... J'attendais le tota/l qui te convaincrait, sans plus intervenir jamais... Mais, poiir t© rendre joupable d'actes pareils, il faut que tu aies dépassé mes prévisions et que tu me caohes d© bien étranges soupçons!... Allons, voilà qui va finir!... Qxhe Ttius le vouliez ou non, nous nous expliquerons ce soir, ma chère amie ! l^as un mot de plus. Cet état oardiaqu'e va cesser !
ISABELLE. — Tu as raisou de te fâcher. J'ai ©u tort. Mais je vais réparer, tu verras. Va m& la cheroher . . .
GEORGES. — Ma parole, c'est moi maintenant qui prends le parti de cette enfant!... C'est moi qui suis obligé de la défendre contre toi, et c'est moi qui commence à avoir réeMement peur, maintenant!... Car je ne sais si tu vois oe que tu fais... F'our la première fois j'ai le sentiment d'un danger véritable... Oii est-elle, maintenant? Où est-elle?
ISABELLE. — ^ Là!... lu! JMe te fâche pas si fort, mon Dieu!... puisque je te dis que je vai» teiat réparer... Au lien de crier, tu ferads bien mieux d'aller me la chercher.
GEORGES. — Ah! nous allons encore couler quelques heuTes channantes !... (l'Il sort en e'vkmff.) Jeaniaine!' {Mats Jeannrne ne devait p&sr être- Imii, peut-êire même derrière la pcyrte, car Isabelle a, à peine, le temps de se précipiter au balcon que Georges rentre, poussant la petite devant lui. — Bas à Jeannine.y J'^en ai assez de cette existence, il faut qu'^eW^ cesse.
ISABELLE, se retoumc. — Ah! te voilà !
EîTe fait un signe suppliant à Greorges. pour qu'il les laisse seules. Jeannine attend, droite. Georg^es sort.