SCÈNE XIIJ
Les Mêmes, RICHARD
IRÈNE, se retourn<int. — Qu'est-ce que c'est ?
GEORGET, avec volubilité. — Vous l'avez échappé belle, vous savez! Figurez-vous qu'il m'a surpris juste au moment où j'allais vous faire une de ces peurs!... Il m'a coupé mon effet.
IRENE, qui ne s'est pas rendu compte de ce qui s^est passé. — Tant mieux. J'ai horreur de ces petites plaisanteries.
GEORGET. — • Figurez-vous que j'avançais à pas de loup... j'étais déjà à deux pas et...
RICHARD, Vinterrompant . — Pauiot n'est pas là?
GEORGET. — n finit son devoir... Moi ça m'iarrête la respiration quand on me fait une frayeur. (Essayant de mêler Uichard à la conversation.) Et toi ? est-ce que...
• RICHARD. — Je t'ai demandé si Pauiot était là.
GEORGET. — Je t'ai répondu.
RICHARD. — Ah!
GEORGET, qui s^ cst rcpris, à Irène. — Oh! mais il est d'une humeinr, ce soir!...
IRÈNE, à Richard. < — Pourquoi es tu revcmu? Tu ne vas pas là-bas?
RICHARD. — J'étais remonté, en attendant; il n'est pas minuit, je suis en avance. Mais je ressors à la minute.
IRÈNE. — Alors, en définitive, que vas-tu lui dire ?
RICHARD, sèchement. — Ce qu'il faudra. Ne te préoccupe pas de ça.
GEORGET. — Il n'est pas à prendre avec des pincettes.
Richard se dirige vers la porte de sortie.
IRÈNE. — Tu t'en vas ?
RICHARD. — Oui.
IRÈNE, vivement. — Mais Georget s'en va avec toi.
GEORGET. — Oui, oui. Je t'accompagne.
RICHARD. — Viens si tu veaix, mais je to prierai de ne pas m'acoompa-gner, au con- ■^iraire. J'ai besoin d'être seul.
GEORGET. — Je te proposais cela pour te faire plaisir, mais du moment que tu es dans ces dispositions... (A Irène.) Vous avez, madame, un fils qui a bien le plus fichu caractère que je connaisse...
RICHARD, avec un froncement de 'sourcils et un geste d'impatience subit — Oh! mon vieux, dispense- toi, ce soir, de ces plaisanteteries dont tu es coutumier et que des personnes comme ma mère pouvaient passer à un gamin, mais qui ne sont plus guère de ton âge, je t'assure... C'est pour toi ce que j'en dis...
GEORGET, une imperceptible petite rougeur au visage, mais s'efforçant de rire tout de même en regardant Irène. — Tu es bien aimable. Je ne sais sur quel ton, je dois...
RICHARD, plus doucement et sérieux. — Sur aucun; je n'ai voulu te donner amcujie le^oai ; c'est mon affection pour toi qui a parlé... Et devant ma mère nous n'avons pas à nous gêner, n'est-ce pas? (Il lui donne une tape sur l'épaule.) Allons viens mettre ton pardessus, et filons...