IRENE, MADAME LEDOUX, GEORGET
IRÈNE, à M^^ Ledoux. — Elle est charmante, n'est-ce pas?' Si, si... elle est charmante... Comme c'est calme l'amour chez ces êtres-là! Heureux, heureux printemps!
GEORGET, redescendant. — Fourbu!... Je tombe de sommeil. J'ai eu des corvées de fourrage aujourd'hvui. Je ne sais pas, d'ailleurs, si je la verrai, cette éclipse. Il faut que je sois au quartier à minuit et demi, si je ne veux pas encore me faire attraper.
GEORGET. — J'ai eu des corvées de
FOURRAGE aujourd'hui.
IRENE. — Etends-toi là, mon chéri... r^
pose-toi un peu.
MADAME LEDOUX, sc levant. — Moi, je n'ai que Le temps de ramener mes deux petites au dortoir !
GEORGET. — Elles sout à jouer avec les bonnes...
Il s'étend sur le divan près de la fenêtre ouverte.
MADAME LEDOUX, à Irène. — Ne vous dérangez pas... Je reviendrai demain..
IRÈNE. — Oui... demain! Cest un beau
. MADAME LEDOux. — Vous verrez... j'ai niîle bonnes raisons à vous donner.
IRÈNE. — Donnez-les vite, alors... car le aaatin ne doit pas être bien loin où vous recevrez ma oarte avec les trois petites lettres étales P. P. C.
MADAME LEDOUX, lui Serrant la main avec effusion. — Ne dites donc pas de sottises! Sentez-vous, au moins, comme je vous aime, îombien vous m'intéressez?...
IRÈNE. — Ce sera plus tard, un bien très précieux pour moi de me le rappeler... Lorsque j'aurai besoin d'attendrissement, je penserai à vous.
MADAME LEDOUX. — Tout Cela est désolant !
IRÈINE. — Non pas. Ce sont les heures les plus cruelles, mais les plus belles de la vie. Uîi souvenir réussi, c'est souvent, pour les femmes, avoir su faire un chef-d'œuvre... A iemain encore, madame Ledoux.