‹ Maman ColibriChapitre 63 sur 120 · SCENE VII · texte numérisé non relu

SCENE VII

Les MÊMES, GEORGES

GEORGES, entrant. — Alors, vrahneiit vrai, tu noue quittes?

PIERRE. — Comme si tu ne m'avais pas toi-même fait prendre mon coupon.

GEORGES. — Ah! tu l'as trouvé? J'avais peur qu'on ne l'ait dépasé trop tard chez toi.

PIERRE. — Merci, tu vois...

Geste d'adieu.

GEORGES — Non, pas encore... noua n'avons pas eu le temps de t' apercevoir dants la oohue.

PIERRE. — Ta. présence est indispensable au salon.

GEORGES. — Pas du tout... Je venais, au contraire, une seconde aspirer deux ou trois bouffées de cigare. Il n'y a plus personne, que quelques rebuts de famille... ça leur fera comprendre qu'il est tard. Ah! (Il respire bruyamment.) Tiens! il pleut!... La boiine pluie d'été qui crève sur Paris! C'est moite et doux... Que t'en vas-tu chercher ailleurs?

PIERRE. — Peut-être pas l'aventure... mais dos ciels moins gris que les nôtres, tu vois .. {Georges lui tape sur Vépanle en riant.) Eh! oui, mon vieux, c'est ainsi.

GEORGES. — Soit ! Je ne t'envie pas tant de jeunesse.

ISABELLE, de loin en préparant le thé que le domestique a apporté. — Bien. Grondez-le à votre tour, Georges... Parfaitement, vous avez besoin d'être grondé ; on n'est pas plus romanesque.

PIERRE. — Oui, mais on devient trop distingué; ça m'inquiète.

GEORGES. — Tu es amer.

PIERRE. — Tu ne sens pas ça, toi? J'ai besoin d'aller voir des haillons... de beaux haillons qui aient vécu...

ISABELLE, V interrompant. — Du thé, mon ami?

Elle lui présente une tasse et le sert.

PIERRE. — Oui... du thé... (Avec un sourire, en la regardant.) Merci pour le sucre.

ISABELLE, près de lui, à mi-voix. — Ah! Pierre, si romanesque vraiment... et si peu... moderne !

PIERRE, très haut, exprès. — Comme vous avez joliment dit ça ! Tout un petit monde d'ironie et de fatuité là-dedans. Si, si, moderne, au contraire... à satiété... Hé oui! les appartements deviennent trop confortables... la vie est trop caoutchoutée... Je m'y sens trop bien préservé contre tout, le froid, le chaud, les inconvénients et la passion. Vrai, il se répand partout une espèce de médiocrité élégante du bonheur ; c'est fastidieux ! Nous avons tous le même appartement et la même âme... Ça devient une espèce de parcage, un nivellement général ; chacun j a sa petite case laquée blanc... Le socialisme des riches, quoi ! Je fuis tout le mauve contagieux de vos robes qui m'ont si bien apprivoisé à elles... Ah! la vie qui salit, n'importe quoi! mais de la vie vive et des passions.

L'Enchantement

GEORGES, à la cheminée, en coupant un cigare. — Je vois évidemment que tu as besoin de changer d'appartement.

PIERRE. — J'ai besoin de ne plus me sentir

PIERRE. — Eh! eh! mon Dieu, quels yeux

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