‹ Mammalogie, ou, Description des espèces de mammifèresChapitre 86 sur 102 · LXIV GENRE · texte numérisé non relu

LXIV GENRE

FENNEC *, fennecus, Desm.

Megalotis, Illig.

Canis , Zimmermann, Gmel, Bodd,.

le premier de ces naturalistes, cet animal n’est qu’un serval , ainsi que M. Fréd. Cuvier s’en est assuré,

6°. Le FELIS GUTTATA d’'Hermann (Obs. zoolog., pag 38) , également mal représenté dans l'ouvrage de Schreber, n’est encore, selon M. Fréd. Cuvier , qui l’a vu en nature, qu’une jeune panthère.

D’autres espèces de ce genre, qui nous sont également inconnués , n’ont pas été même désignées par des noms scientifiques. Parmi ces dernières nous citerons :

1°. Le sigre de Ceylan qui, dit-on, est de la grandeur du dogue et a la robe blanche, rayée de jaune. (Fréd. Cuv., Dicr. des Sc. nat. , tom. VIII, pag. 215. ).

2°. Le tigre des montagnes , du Cap, de Barrow , qui a,

- depuis le bout du nez jusqu’à l'origine de la queue , cinq pieds six pouces anglais, et la queue longue de ëeux pieds dix pouces , à robe couverte de taches noires, irrégulières dans leur forme, sur un fond fauve aux parties supérieures du corps, et sur,un fond blanc aux parties inférieures , avec une ligne noire qui se prolonge de Ja partie antérieure des épaules jusqu’à la poitrine,

3°. Le tigre de plaine, du Cap, du même voyageur, semblable au précédent dans la distribution dés taches , mais plus pâle dans ses couleurs et de plus grande taille.

4°. Le léopard, du Cap, aussi de Barrow, moins long que les deux autres, mais plus épais et plus fort. Sa couleur est cendrée avec de petites taches noires; soncou et ses tempes sont couverts de longs poils frisés, pareils à ceux de la crinière d’un lion; sa queue a deux pieds ; elle est plate, verticale , rachetée dans la moitié de sa longueur, depuis la racine, et le reste est annelé ; sa face est marquée d’une épaisse ligne noire qui s’étend depuis le coin intérieur de l’œil jusqu’à l'extrémité .de la gueule.

Cars FossILES. Des débris d’une grande espèce de chat ont été trouvés daus les cavernes de Gaylenreuth en Franconie , avec les nombreux ossemens d'ours. M. G. Cuvier, après un examen attentif de ces débris, pense qu'ils ne proviennent ni du tion, ni du tigre , encore moins du léopard ou de la petite panthère des montreurs d'animaux, et que si on vouloit la rapporter à une espèce vivante, ce ne pourroit être qu'au seul jaguar ou grande panthère de l’Amérique méridionale (*).

(*) Le nom de char à été souvent employé pour désigner des animaux crès-différens des véritables chats ou felis. Ainsi le chat bizaam est la civerre genette ; l2 chat de Constantinople est le mème animal ; le char épineux est le coendou ; le char musqué'est la civerte ; le chas-singe volant est le galéopichèque ; le char volanr est tamdt le même animal , tantôc le polatouche raguan; le chat marin est un phoque, etc, k

axée 5N@ INCIS, —,

CAR. (d'après Illiger, } Form, dent. :

MONO EG molaires —— — ?

# it canines — , ES

Museau pointu, Oreilles très-amples.

Pieds propres à ia marche, digirigrades, tétradactyles ; ongles crochus, aigus, non rétractiles.

Langue lisse ?

Point de follicules anales ?

367°. Esp.* FENNEC DE BRUCE , fennecus Brucei.

(Encydl. pl. 108. fig. 4.) Animal anonyme, Buffon, d’après Bruce, Hist, nar. suppl. tom. 3. pag. 128.pl.19.(1776.) — Erikskiol de Brand, Beskrifning pa er lier djur ifran Africa, horande til Raf. Acad. Handling, 1777, p. 265- 267. — Beschreibung eines kleinen seltnen thieres aus Afrika, das zum fuschsgeschlechc gehoret Lichrenberg’s magazin 2 Band 1 stück, pag. 92-94.— Fennec, Bruce, Voy. en Nubie et en Abyssinie, tom. $. pag. 154. pl. 28.— Zerda, Sparman, Voy. tom. 2. pag. 203. pl. 4. — Penn. Quadr. pag. 248. tab. 28. — Canis xerda ; Bodd.— Canis cerdo, Gmel.

CARACT.er DESCRIPT. Nora. Cet animal, d’abord signalé par Bruce, a été depuis décrit en Suède par M. Brander, consul de ce royaume à Alger, à qui étoit revenu l'individu mème que Bruce avoit possédé, et qui s’étoir procuré furtivement, selon celui-ci, une copie du dessin qu'il en avoit fait.

Sparmann , dans son Voyage au Cap de Bonne-Espérance, tom. 2, pag. 203, le considéra trop légèrement comme appartenant à l'espèce d’un petit animal des sables de Camdebo, près du Cap, qu'il ne décrivit pas suffisamment, et auquel il attribua Le nom de zerda. Pennant, Boddaert et Gmelin, adoptant ensuite ce rapprochement , ont donné les noms de canis zerda et de canis cerdo à l'animal de Bfüuce, que M. Brander regardoit de son côré comme une espèce de renard,

D'après les traits de la description publiée postérieurement par Bruce, dans son Voyage en Libye, Blumenbach considéroit le fennec plucôc comme appartenant au genre des civetres qu'à celui des chiens, Nous avions aussi pensé, d’après les mêmes données, que cer animal étoit

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très-rapprochié des carnassiers, et nous en avons mème fait un genre (1).

EnGn, Illiger l'a définitivement placé dans l’ordre fa carnassiers, à côté des hyènes ,.et il a donné, sur la dot de cet anunal, des dérails que ne lui ont certainement procuré ni les descriptions de Bruce et de Brander, ni celle de Sparman sut son zerda, en supposant encore que ce zerda ne ft autre que le fennec. On ne peut, à cet égard, supposer qu'il ait vu l'individu même que M. Brander a décrit; car celui ci dit positivement que ce petit quadrupède ayant rongé la porte de sa prison, s’échappa, et qu'il ne put le ravoir.

M. le professeur Geoffroy- Saint-Hilaire, ainsi qu'il nous l’a appris lui-même, ayant long-temps médité sur ce sujet, s'est décidé à récuser l’aurorité d'Ilhiger, er, discutant la description de Bruce, qui lui paroît imparfaite et inexacte, il a pensé y trouver assez de renseignemens pour établir que le fennec, loin d’être un carnassier, n'étoit qu'un galago. Le nombre des res la présence des canines, les grandes AE des oreilles, la longueur de la queue, la grosseur des YEUX, fa petiresse de la tailie, le genre de nourriture et la vie nocturne, paroissent fournir les motifs déterminans pour adopter cette opinion,

Nous nous plaisons à avouer que cette manière de voir nous paroïît fondée sur beaucoup de probabilités. Néanmoins, après avoir rapporté les caractères que Bruce ju ui-mèême attribue à son fénnec, nous proposerons ensuite quelques doutes.

« Ce fennec avoit six pouces de longueur, depuis le bout du nez jusqu’à l'origine de a queue ; celle ci avoit cinq pouces un quart, et le bout très-noir, dans la longueur d’un poüce environ; celle de ses pattes de dévanr, mesurée depuis la pointe de l'épaule jusqu'à l'extrémité dés doigis, étroit de deux pouces sept huitièmes ; celle de la tête, depuis la pointe du museau jusqu’à l’occiput, ‘de dut pouces; celle des oreilles, de trois pouces rrois huitièmes. Ses oreilles avoient un pli au dehors de leur base, et leur face interne

(x) Il paroît que M. le comte de Lacépède a aussi eu l'idée de former un genre particulier de cet animal; car llliger le cite. Nous avons vainement recherché l’ou- “vrage de ce savanr, où ce genre est proposé. Le Proürome du cours de lan 12etle Tableau des murmmiferes nen font aucune mention,

étoit couvérte d'un poil très-doux, blanc et touffu sur le bord , et d’un poil rare et couleur de rose dans le milieu ; leur largeur éroit d’un pouce et demi, et léur conque avoit beaucoup d'ouverture ; l'ésil étoit d'un bleu foncé, et la prunelle étoit très-grande : et très- -noire.- Les moustaches étoient Fes er épaisses, et le bout du nez étoit pointu, noir ec erès-lisse ; les dents canines er celles de devant étoïent longues et extrêmement pointues, et il y avoit cinq molaires de chaque côté; les jambes éroïent minces et les pieds rrès-larges. et divisés en quatre doigts noirs , longs et crochus, ceux des pieds de devant étant beaucoup plus crochus que ceux de derrière ; tout le dessus du corps éroir couvert d'un poil blanc-roussâtre ou couleur de crème ; le poil du ventre étoir plus blanc, plus doux et plus long. Il y avoit plusieurs mapielles qu'on ne pouvoit compter à cause de la Rd de l’animal. La queue, qu'il érendoit rarement , étroit couverte d’un poil plus rude que le restant du corps. » Bruce, Voy. tom. $. pag. 164.

Les motifs qui nous portent à ne pas admettre encore le rapprochement proposé par M. Geoffroy, sont les suivans : 1°, La différence notable de longueur qui existe entre les pieds de derrière et ceux de devant dans les galagos ; caracière qu'on ne trouve point dans le fennec. 2°, Le nombre des doigts, qui est de quatre dans ah é, tandis que les gal 1g0s en ont cinq, dontun pouce distinct et opposable. 3°. Le manque du pli au bord externe de l'oreille des galagos, qui est un caractère essentiel du fennec, et qui se trouve a les quadrupèdes des genres Char et Chien.

La grandeur des oreilles, infiniment plus mA Ta ail chez le fennec, où elles-sont d'une moiué plus longues que la rèce, lorsqne, dans les diverses espèces de g galagos, bles en égalene tour au plus la longueur. 65°, L'existence de moustaches très- fortes chez le fennec, randis que les galagos oùt és, peine quelques soïes sur ka lèvre supérieure. 6 °. La différence de longueur de la queue, qui est plis courte que le corps dans l'animal de Bruce, et qui, aa contraire, est plus longue ou au moins égale dans les espèces de galagos dont la taille répond à la sienne.

Quand même nous admettrions que les caractères génériques des galagos poutroïent se rapporter au fennec, cet animal différeroit encor des espèces dnee dans ce genre par la teinte blanchâire de son pelage er par la couleur noire du bout de sa queue,

MAMMALOGTIE. 237

Dans cette discussion , nous avons été portés .à considérer tous les ee Por donnés par Bruce à son fennec comme étant exacts, ne pouvant présumer que ce voyageur eût pris le ron par trop tranchant dont 4l fair usage en parlant de l'opinion de Sp rarman et de M. Brander, s'il n'étoit ne sûr de son fair,

D'ailleurs, nous avons comparé la figure du j'a de L'HAIEN qu'il annonce comme trèsexacte, avec les “figures du galago du Sénégal publiées par M. Geoffroy FRS Hilaire dans le Magasin encyclopédique et dans la Ménagerie du Muséum national d'histoire naturelle de Paris, et qui rendent parfaitement la ressemblance de - cet animal.

Le caractère des ongles à demi rétractiles , ou même tout-à-fait rétractiles , que nous avons donné à ce genre dans les tables du nova Dictionnaire ; 1°, édit, tom. 24, pag. 18 (publié en 1804), n'est qu'un caracrère supposé, et en quelque sorte nécessité par l'habitude que le fennec a de monter sut les troncs élancés des palmiers qu'il ne peut embrasser avec ses petits membres. Sa nourriture, consistant en matières végétales et D nous a fait soupçonner aussi que ses molaires devoienr différer de celles des chiens et se rapprocher davantage de celles des makis et des préropes , c’est-à-dire, qu'elles devoient être à couronne PEN et.nous avons même averti que nous ne placions cet animal dans la famille des cynosiens ou des chiens,

a'à raison du rapport qu'on observoit dans ses RS générales er extérieures avec celles de ces mammifères.

HaABiT. Il monte avec la plus grande facilité sur les dartiers, dont il mange les fruits. Il fait aussi la chasse aux petits oiseaux et en recherche Jes œufs. Il dort la plus grande partie de la j journée, et ce n'est que le soir qu'il sort de son gfre pour satisfaire son appétit. Sa physionomie” est fine ec rusée. Il porte’ses oreilles droites, er ce n'est que lorsqu'il est effrayé qu'il les couche en arrière. [l se prive aisément.

ParTrir, Cette espèce, dont Bruce a vu trois imdividus différens à Tunis, à Alger er à Sennaar, se trouve fréquemment Hhe le rerritoire dé Arabes Beni-Menzzabs ec Werglahs, ancien -pays des Melano-Gérules , et aussi dans la province de Constantine. nu Arabes de ces contréces la chassent pour en avoir la fourrure, qu'ils envoient vendre à la Mecque, d'où ne passe

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