‹ Mammals. 1860-1879Chapitre 22 sur 32 · ROSTRE · texte numérisé non relu

ROSTRE

Le rostre, considéré comme étant limité en arrière par un plan vertical mené par le bord antérieur des jugaux, est à peine plus long que le crâne ; il est exclusivement constitué par les maxillaires, les intermaxillaires et le cartilage ethmoïdal recouvert extérieurement par le vomer, A son origine, il est beaucoup plus large que haut : 1l est déprimé. Près de son extrémité il conserve encore à peu près la même hauteur, tandis que sa largeur à graduellement diminué; il est à peu près aussi haut que large.

Si l’on considère d’abord la face supérieure du rostre, on reconnait qu’à son origine cette face est à peu près plane et regarde directement en haut; à l'extrémité antérieure, au contraire, la face supérieure se trouve remplacée par deux faces latérales à peu près planes l’une et l’autre, mais ces faces regardent en haut, en dehors et en avant. La face supérieure du rostre peut assez bien se décomposer en trois triangles : le triangle médian, horizontal, a sa base à l’origine du rostre, son sommet placé à peu près au milieu de la longueur du rostre. C’est un triangle isocèle assez élevé. Les deux triangles latéraux ont leur base au bord du rostre, leur sommet situé au même point que le premier. Ils sont à peu près isocèles, mais extrêmement surbaissés. Au milieu du rostre on voit la gouttière du vomer et les bords des intermaxillaires sont assez éloignés l'un de l’autre, dans toute la longueur du rostre, mais surtout en arrière. La face inférieure du rostre est à peu près plane ; elle présente à son milieu une rainure qui, s'élargissant d’arrière en avant, laisse apercevoir en avant les intermaxillaires.

Les dents sont au nombre de +, elles sont assez volumineuses, solidement

insérées dans des alvéoles, sauf les dernières de la mâchoire supérieure.

Toutes les dents supérieures sont insérées dans los maxillaire supérieur : l'intermaxillaire en est dépourvu.

Les dents ont une forme conoïde à axe légèrement infléchi en dedans et relativement court. La couronne recouverte d'émail se laisse diviser en deux parties séparées l’une de l’autre par une ligne oblique. La partie de la couronne qui est entourée par les gencives est parfaitement blanche, tandis que

la partie libre est recouverte d’une matière colorante brun-orangé. Les racines, très-volumineuses , ont une forme cylindroïde ; cependant elles sont légèrement renflées vers le milieu. Elles sont comprimées et un peu aplaties à leur face antérieure et à leur face postérieure.

La dimension des dents croit très-légèrement depuis la première jusqu'à la dix-huitième supérieure et jusqu'à la seizième inférieure; elle reste la même jusqu'à la trentième (supérieure) et jusqu’à la trente et unième (inférieure) et décroit supérieurement depuis la trentième jusqu’à la trente-quatrième, inférieurement depuis la trente et unième jusqu'à la trente-troisième.

La mâchoire inférieure ressemble complétement à celle du Sotalia Guyanensis. Elle est fort élevée en arrière et l’apophyse coronoïde chez notre animal est plus développée et plus fortement inclinée en arrière que dans l'espèce de la Guyane. La màchoire est très-peu élevée au milieu, extrèmement étroite, et elle se relève très-notablement en avant, ce qui donne à l'extrémité antérieure de cet os un cachet particulier. La symphyse est longue: elle n'a pas moins de 0",046 m. de longueur.

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