‹ MammifèresChapitre 44 sur 86 · À LA · texte numérisé non relu

À LA

Fig. 69. — Rat mulot (Mus sylvaticus, 1/4 de gr. nat.).

dans les greniers des maisons, et il y fait concurrence à la souris domestique. Du reste, iln’est pas moins fécond, car il a chaque année trois ou quatre portées de huitM à dix petits : on ne saurait donc mettre en œuvre

trop de moyens pour l'empêcher de se multiplier outre mesure.

‘ Sous-genre Micromys, Dehne.

(Souris granivores.)

Le rat nain ou rat des moisso as

Mus minutus, Pallas.

Synonymie, — Mus pendulinus, M. soricinus, et M. parvulus, Hermann; M. campestris, F. Cuv.; M. messorius, Shaw; Wicromys agilis, Dehne.

Caractères. — Plus petit que la souris. D'un fauve jaunâtre en dessus, blanc en dessous et sur les pieds. Oreilles courtes, arrondies, velues. Queue de la longueur du corps, écailleuse, jaunâtre.

La couleur des jeunes est d’un fauve grisâtre, tandis que celui de l'adulte est d'un beau roux vif. La base des poils est toujours ardoisée.

Longueur de la tête et du corps — 0", 060; queue — 0,060 ; pied postérieur — 0,013.

Habite toute la France, mais il est plus rare sur le

littoral méditerranéen, et dans les régions montagneuses

- des Alpes et des Pyrénées.

Le rat nain, souris naine ou rat des moissons, est la

… plus petite espèce du genre, et après les musaraignes, le

plus petit quadrupède de notre faune. Il habite les

- champs ou les taillis peu épais, au voisinage des mois-

sons, se nourrit de grains et d'insectes, est friand de mouches, et pour les atteindre, grimpe avec agilité le long des tiges des graminées, en s’aidant de sa queue qui

est en partie prenante. Ses mouvements et ses mœurs le rapprochent plus du muscardin que des autres rats. Il se bâtit très artistement un nid aérien, de forme sphérique suspendu à quelques tiges de blé ou aux buissons, et élevé de 0 , 30 à 0 ®, 60 au-dessus du sol. Ce nid est

ÉREII)ES MR | 7 Fri TAN LS Le ni fi// HEAR

Fig. 70. — Rat nain (Mus minutus, 1/3 de gr. nat.).

formé de brin d'herbe entrelacés, peu serrés, et ressemble à celui de la mésange à longue queue. C’est là que MA la femelle met bas de quatre à huit petits nus etaveugles M comme ceux des autres espèces du genre. Il est souvent « fort difficile de reconnaitre l'ouverture qui sert de pas-m sage à la mère, bien qu’on distingue dans l’intérieur les « petits serrés les uns contre les autres comme dans une

PA CREME PRANARTE a ONUR POSORSE } ' WT" ’ *

| boite : à sardines. C’est qu'alors les parents s’introduisent

| tout simplement à travers les interstices de cette mu-

| raille à claire-voie, les brins d'herbe qui la composent

44 . revenant à leur place par leur seule élasticité, après le

. passage du petit animal.

1 La femelle fait deux ou trois portées par an. La gesta- … tion n'est que de vingt et un jours, et quinze jours après ]a naissance, les petits peuvent quitter le nid et se suffire à eux-mêmes. Dès l’âge de six semaines, ils sont en | étet de se reproduire à leur tour.

A l'automne, on prend le rat nain dans les gerbes de » blé que l’on rassemble dans les champs, et il passe généralement l'hiver dans les granges, blotti au milieu des meules de paille ou de foin, mais sans jamais s'engourdir

* complètement.

Ilest facile d'élever le rat nain en captivité. Si l’on

rencontre un nid de cette espèce, on s'empare sans dif-

»ficulté de la mère et des petits. En plaçant le petit

“édifice dons une cage à grillage serré, on pourra

“étudier à l'aise les mœurs de ce charmant petit animal, qui semble un écureuil en miniature par ses habitudes, et

-qui ne répand aucune mauvaise odeur. On le nourrit de chenevis, de blé, d'avoine, de fruits, de mouches, et même de viande. Il devient familier en peu de jours et

“si l’on possède un couple bien appareillé, on aura la

satisfaction de lui voir bâtir un nid, à l’époque de la re-

| * production, pourvu qu’on ait soin de mettre à sa disposi- - tion les matériaux indispensables. |

: De Ua RE €. 1). à : is arte OP TL PR TE RE A RENE A OR AE

> Qt LS

Genre campagnol

Arvicola, Lacépède.

Caractères. — Dents molaires formées de prismes. triangulaires alternes qui donnent à la couronne la figure

VAT culeuse, même chez le jeune. — Museau épais et arrondi;

pied antérieurs petits, à ongles courts; plante des pieds nue; queue courte ou médiocre, mais plus longue que \ le pieds de derrière, et couverte de poils courts; oreilles M courtes ou médiocres.

Formule dentaire : 1. 4 G 2, PSM l 16 dents. |

Les campagnols que le vulgaire confond avec les rats et les souris sous le nom de « mulots », s'en distinguent facilement à l’aide des caractères que nous venons d’'in- | diquer. Les formes sont plus lourdes que celles des rats ; la queue toujours couverte de poils qui cachent des écailles ù presqu'invisibles, et plus courte que le corps; les yeux

suivante : À À. : cette couronne plane et non tuber- il

Î vent cachées par Jon poils ; les ongles arqués, creusés en gouttière en dessous, conformés pour fouir et non pour \ grimper. On trouve du reste toutes les gradations depuis les espèces à queue assez longue qui conservent encor «| les formes de la souris, jusqu'au campagnol souterrain qui a la queue très courte et les formes ramassées de la taupe. 4 Les dents sont encore plus différentes : il n'y a plus

“trace de tubercules même chez les jeunes. La couche d'émail s'étend sans interruption sur tout le pourtour de la dent, et se montre à la couronne sous forme d’une “ligne en zig-zag correspondant aux prismes accolés dont chaque dent est constituée. Le nombre et la forme de ces replis d'émail sert à la distinction des espèces. Les “molaires sont dépourvues de racines, sauf chez l’A. rubi- \dus adulte. — Le canal intestinal est remarquable par sa longueur et par la présence d'un grand cœcum : c’est ce “qui explique la voracité de ces animaux et les dégâts con-

Page 1