‹ MammifèresChapitre 54 sur 86 · FAN. À RE · texte numérisé non relu

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Fig. 92, — Loutre vulgaire {Lutra vulgaris), 1/8 de gr. nat.

portant dans sa retraite pour les manger à l’aise : l'odeur

infecte des débris qu'elle y laisse ainsi s'accumuler trahit souvent sa présence. À défaut de poisson, elle mange les srenouilles, les écrevisses et même les petits mammifères, et en captivité, on peut la nourrir de pain et de matières végétales comme la marte.

La reproduction n'a pas d'époque bien fixe; on trouve des jeunes depuis le milieu de l'hiver jusqu’en été, mais

le plus souvent la mise bas a lieu en mars-avril. Il y a de deux à quatre petits qui naissent aveugles et sont en état de se suffire dès l’âge de deux mois. La mère leur apprend à nager en les portant sur son dos jusqu'au milieu de la rivière ; là elle les abandonne à leurs propres forces, mais en restant toujours à portée pour les secourir au besoin.

A partir du moment où l'éducation des petits est achevée, les loutres mènent une vie errante et remontent ou descendent les cours d’eau par petites familles de quatre ou cinq, ou isolément. Ces migrations sont assez régulières, de telle sorte qu’au bout de trois, quatre ou huit jours au plus, elles redescendent en s’arrêtant dans les mêmes localités qu'elles ont fréquentées en remontant (de La Fontaine). |

On peut élever la loutre en captivité en la prenant jeune, et même la dresser à pêcher pour son maître. — On lui fait la chasse partout à cause des dégâts qu’elle commet, allant saisir le poisson jusque dans les nasses et les filets des pêcheurs. La fourrure est très estimée et vaut environ quinze francs; elle est surtout belle en hiver.

FAMILLE DES VIVERRIDÉS

Genre Genette

Genetta, Cuvier. (Viverra, L.)

Caractères. — Carnivores franchement digitigrades à

à LA

DES MAMMIFÈRES DE FRANCE 221 formes élancées, plus haut sur pattes que les précédents, à corps et tête allongés, à museau fin, à queue forte et longue ; oreilles assez longues, elliptiques; cinq doigts à tous les pieds ; ongles aigus, recourbés, à demi-rétractiles. Formule dentaire : I. $&; C. =; Pm, +; Carn. +;

M. <= — © — 40 dents.

Les molaires ont des tubercules assez élevés et tiennent le milieu par leur forme entre celles des Mustelidés et celles des Insectivores. Régime franchement carnassier.

Une seule espèce se trouve en France.

La Genette vulgaire

(Genetta vulgaris, G. Cuvier.)

Synonymie. - Viverra genetta, L.

Caractères. -- D'un gris fauve, marqué sur tout le corps de taches noires les unes rondes, les autres allongées; queue annelée de noir en dessus. Parties inférieures grises ainsi que la tête et les pattes ; parties postérieures de celles-ci, le tour du museau, les lèvres et le nez noirs : le bord de la lèvre supérieure, une tache au-dessous de l'œil et l’intérieur de l'oreille blanc. Les taches sont confluentes sur le milieu du dos de manière à former une ligne noire continue. Une poche, formée de deux grosses glandes à muse, se trouve près de l’anus, à l’origine de la queue. — Les jeunes ont une teinte générale violâtre.

Longueur du corps avec la tête — 0%,450; queue — 0®,380 ; pied postérieure — 0,090.

Cette jolie espèce habite la France au sud de la Loire, et probablement à l'ouest du Rhône; elle se retrouve en Espagne, mais non en Italie.—On l’a signalée dans les dépar-

tements suivants : Charente-Inférieure, Deux-Sèvres, Vienne, Maine-et-Loire (Wlet), Loiret, Allier (Ollivier), Rhône, Haute-Loire, Vaucluse, Gard, par lesquels passe vraisemblablement sa limite septentrionale et orientale, et en outre dans la Gironde, l'Aveyron, l'Hérault, l'Aude, le Tarn, les Pyrénées-Orientales, la Haute-Garonne et les

Fig. 93. — Genette vu'gaire (Genetta vulgaris), 1/8 de gr. nat.

Hautes-Pyrénées, tous départements qui sont en-decà de cette limite. — On peut donc dire qu'elle se rencontre dans toute la région comprise entre les Pyrénées au sud, . la Loire au Nord et le Rhône à l’est, mais elle est rare partout et devient de plus en plus rare à mesure que l’on s'éloigne des Pyrénées.

La genette habite les localités arides et désertes ‘où

croit le genêt, et c’est de là probablement que lui vient son nom espagnol de Genetta. Les flancs ravinés et boisés des montagnes, le bord escarpé des rivières sont ses séjours de prédilection ; il est rare de la voir de jour, et même alors, elle se glisse comme un serpent entre les pierres et les buissons, et la teinte neutre de son pelage la dissimule facilement aux regards du chasseur.

La genette est nocturne, comme l'indique la forme de sa pupille allongée comme celle des chats. Sa démarche est agile et silencieuse ; elle rampe de buisson en buisson écoutant et flairant de tous côtés, à la recherche des petits rongeurs, des oiseaux, desœufs, des reptiles et des insectes dont elle se nourrit. Quand elle rencontre une proie de quelque valeur, elle s'élance d’un bond, saisit sa victime et l’'égorge en un instant. Pendant qu'elle la dévore, elle hérisse son poil comme si cette proie pouvait encore lui échapper. Elle grimpe souvent sur les arbres et nage parfaitement.

On ne sait rien de sa reproduction. En captivité la femelle n’a qu'un seul petit, mais 1l est probable qu'il y en a au moins deux dans l’état de nature. — En Afrique, on élève des genettes dans les habitations, en guise de chats, pour détruire les rats et les souris ; l’odeur de civette qu'elles répandent est trop forte pour que cette société soit agréable aux Européens. La fourrure élégante de cette espèce était très prisée autrefois; aujourd'hui elle est tout à fait passée de mode.

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